XXIII MARS
* Le vingt-troisième jour de mars de l'an 1679, mourut au collège de Constance le P. Georges Gobât, né à Charmoille, dans le diocèse de Bàle, d'une famille de pauvres cultivateurs. A dix ans, il fut conduit à l'abbaye de Lucelle pour y gagner sa vie en aidant le cuisinier. Un religieux ayant trouvé en lui des dispositions pour l'étude, lui apprit à lire et à écrire ; puis lui enseigna les premiers éléments du latin. Les progrès de l'enfant furent rapides, et l'abbé le prenant en affection, le fit entrer au collège de Porrentruy, dirigé par les Pères de la Compagnie. Le nouvel écolier se plaça du premier coup et comme sans effort à la tête de ses condisciples. Ses études terminées, il sollicita son admission dans la Compagnie et fut reçu au noviciat. Il avait alors dix-huit ans. Il occupa tour à tour les chaires de belles-lettres, de philosophie, de controverse, d'Ecriture sainte, de théologie scolastique et pendant vingt ans celle de théologie morale, gouverna les collèges de Hall et de Fribourg en Suisse, et remplit pendant vingt-et-un ans auprès de l'évêque de Constance les fonctions de théologien et de pénitencier.
Le P. Gobât est surtout connu par sa théologie morale, œuvre de mérite, citée avec éloges par saint Alphonse de Liguori et par