‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 145 sur 327 · XXIII MARS. — P. GEORGES GOBAT · texte numérisé non relu

XXIII MARS. — P. GEORGES GOBAT

les moralistes modernes, et qui eut la gloire d'être en butte aux attaques du jansénisme. Le P. Gabriel Daniel et d'autres théologiens l'ont vengée victorieusement du reproche de laxisme dirigé contre elle par l'évêque d'Arras, Guy de Sèves. En tout cas, si le P. Gobât usait de quelque condescendance envers les jtmes, s'il aimait mieux les aider à porter allègrement le joug du Seigneur, que de les faire gémir ou succomber sous le fardeau, il était loin de se traiter lui-même avec indulgence ; il était en cela de l'école des saints, remplis de mansuétude pour le prochain et réservant leur rigueur pour eux seuls. Voici quelques lignes extraites de la courte notice qui lui est consacrée dans nos annales. Elles montreront que le savant théologien était en même temps un saint religieux.

« Trois traits principaux, dit l'annaliste, dessinent la physionomie du P. Gobât : l'amour de la prière, une mortification continuelle, un ardent désir de faire du bien aux âmes par la parole et par la plume. Il récitait son office à la chapelle et toujours à genoux. Au milieu de ses grands travaux, son unique distraction était de visiter le Saint Sacrement; il allait douze fois par jour au moins se prosterner au pied du tabernacle. 11 avait une dévotion particulière aux cinq plaies de Notre-Seigneur et à la très sainte Vierge, à laquelle il était redevable de la conservation de sa vue. Il s'était engagé par vœu à ne jamais quitter le cilice et à ne rien accepter de superflu pour son usage. Chaque nuit, il interrompait son sommeil pour se flageller rigoureusement et, pénitence qui n'est pas légère, il abandonnait en toute saison son corps aux piqûres des mouches et des autres insectes sans jamais faire un mouvement pour les éloigner. « Enfin ce fidèle disciple de Jésus crucifié, épuisé

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par le travail non moins (jue par les années, expira pieusement dans la soixante-dix-neuvième année de son âge et la soixante-etunième depuis son entrée dans la Compag-nie.

Suinmnr. vitpp defunctor. Provinc. German. Superior. (Archiv. Rom.). — SoTUKLLLs. Biblioth.., p. 289. — SoMMEnvoc.EL, Biblioth., t. 3, p. 1505. — Gabr. Daniel, Cf. Sommervogel, t. 2, p. 1803, n. 16. — Feller, Dicdonn. histor., t. 3,/;. 320. — Vautrey, Histoire du collège de Porrentruy^ 1590- 1865, Porrentruij, 1866, ch. 2, p. 146.

* Le vingt-troisième jour de mars de l'an 1811, mourut à Polotsk le Frère Goadjuteur Jean Nitzel allemand. Dans les différents emplois qui lui furent confiés, la boulangerie, le jardin, la dépense, il ne laissa jamais diminuer l'esprit de ferveur puisé au noviciat. tt Son amour du travail, dit l'auteur de sa notice, la pauvreté de ses vêtements, son union continuelle avec Dieu, son humilité et son obéissance lui firent décerner par ses supérieurs le beau titre de modèle accompli des Frères Coadjuteurs ». Il vécut quarantetrois ans dans la Compagnie, toujours digne de cet éloge. Quand il fut atteint du mal qui devait l'emporter à l'âge de soixante-quatorze ans, le Père Ministre vo^^ant la gravité de son état, l'engageait avec précaution à se préparer au dernier passage. Le F. Nitzel sourit doucement: «Mon Père, répondit-il, Notre-Seigneur n'a pas dit de se préparer à la mort; il a dit: Soyez prêts ». Et quelques jours plus tard, le bon et fidèle serviteur, plein de joie et de confiance, remit son àme entre les mains de Dieu.

Suminar. vide defunct. in colleg. Polocens. 1749-1815 {E ins. Provinc. Galic).

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