VIII JANVIER
* Le huitième jour de janvier de l'an 1668 mourut à Cologne, sa patrie, le P. Théodore Dulman, qui dans les charges multiples de l'enseignement, de la prédication, et du gouvernement des Nôtres se fît constamment remarquer par son zèle, sa prudence, son attachement de cœur à l'Institut de la Compagnie et un grand esprit d'oraison. II était d'une délicatesse admirable pour sauvegarder la réputation de ses frères, surtout des absents ; jamais on ne surprit sur ses lèvres une parole de critique ou de plainte. Aussi le P. Dûlman nourrissait-il une ferme confiance que Dieu, fidèle à sa promesse, lui ferait miséricorde et ne condamnerait point celui qui n'avait point condamné les autres. Il expira saintement, au moment où l'on récitait auprès de lui ce verset du psaume. Cor contritum et hiwiiliatum, Deus, non despicies. Il était âgé de soixante-di.x ans, et en avait passé cinquante-cinq dans la Compagnie.
Summar. Vitx defunctor. Provinc. Rheni Inferior. (Archiv. Rom.) — So- TUELLus, Biblioth., p. 755. — P. Jos. H.vrtzheim, S. J., Bibliotheca Coloniensis, p. 304. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 273.
Le huitième jour de janvier de l'an 1740 mourut à Leutmeritz en Bohême le P. Jean Foerschan, né à Prague. La plus grande partie de sa vie religieuse fut consacrée à l'éducation de la jeunesse. Mais qu'il fût professeur de grammaire et de littérature, de théologie et d'Ecriture sainte, ou prédicateur des élèves, préfet des classes, et directeur du séminaire de Leutmeritz, il fit partout paraître le même dévouement et la même préoccupation de conduire les âmes à Notre-Seigneur. Pendant sa régence d'humanités, soixante-treize de ses disciples, gagnés par ses exemples, renoncèrent au monde et embrassèrent la vie parfaite dans différents Ordres. En effet, tout en lui respirait le mépris des choses du temps et le seul amour des biens éternels. Sa pauvreté était extrême, et il en savourait les privations avec délices . Il ne pouvait comprendre qu'un religieux se montrât difficile en tout ce qui regarde le vêtement ou la nourriture. Les injures, les procédés indélicats plus mortifiants que les injures elles-mêmes, le laissaient calme et souriant ; toute sa vengeance était de dire en parlant de ceux qui l'avaient offensé : (( Que Dieu leur pardonne! » Ami du travail et de la prière, le P. Foerschan y consacrait non seulement le jour, mais une partie de ses nuits. Après sa mort, on ne vit pas sans une sorte d'effroi les divers instruments de pénitence avec lesquels il tourmentait sa chair. Ses disciplines étaient rougies de son sang. 11 remit saintement son âme entre les mains de Dieu dans la cinquante-deuxième année de son âge et la trente-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie.
Littene ann. Provinc. Bohem. ann. 1740 (Arc/iiv. Rom.). — Sommervo-