VIII JANVIER. P. CHARLES PRZIKRIL
(-■EL, Bibliothèque, t. 3, p. 823. — Fr-4^nz M.vrtin Pelzel, Boehmische,
Maerische und Schlesische Gelehrte und Schriftsteller aus deni Ordeii der Jesuiten... Prag, 1786, p. 177.
* Le huitième jour de janvier de l'an 478S mourut au séminaire épiscopal de Koniggriitz le P. Charles Przikril, de la Province de Bohême, autrefois missionnaire aux Indes Orientales et longtemps préfet des études au collège de Goa. Malgré sa nationalité, il fut enveloppé dans le décret de proscription lancé par le ministre Pombal contre tous les religieux de la Compagnie de Jésus qui se trouvaient sur les terres soumises à la couronne de Portugal. Après une horrible traversée qui coûta la vie à vingt-quatre de ses compagnons, il fut jeté dans les cachots du fort Saint-Julien, à l'embouchure du Tage.
Voici quelques extraits d'une lettre que le captif, épuisé par cinq années de souffrances presque intolérables, adressait à son Père Provincial : on croirait entendre un écho de celle qu'un autre confesseur de Jésus-Christ, le bienheureux Charles Spinola, écrivait de son cachot d'Omura, près de cent cinquante ans auparavant. Le P. Przikril commence par faire la description de sa prison. « C'est un souterrain semblable à une cave très profonde, ou mieux à un tombeau antique. Sa situation au bord de la mer le rend perpétuellement humide, et cette humidité engendre une quantité prodigieuse de vers qui nous font beaucoup souffrir... Ni air, ni lumière ne pénètrent dans nos cavernes , si ce n'est au moment où l'on ouvre la porte de fer qui donne entrée aux cachots. Vous pouvez penser par là combien ces souterrains sont fétides et malsains. Mais béni soit Dieu le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations, et nous fait goîlter combien il est doux de souffrir pour son saint nom... Quand je pèse nos maux dans la balance du sanctuaire, j'ai boute d'endurer si peu de chose... Je puis vous assurer que je suis on ne peut plus content de mes chaînes; j'en remercie Dieu qui me fortifie et me donne le désir de vivre sur la croix. . . Que personne ne plaigne mon sort, mais que tous mes amis prient pour moi Notre-Seigneur. . ., afin qu'il plaise à la bonté divine de me conserver cette allégresse de cœur qu'il lui a plu de m'accorder jusqu'à ce jour malgré mon indignité... «.
En 1767, cet admirable fils de saint Ignace, digne frère de tant de martyrs, fut remis en liberté à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse. Revenu dans sa Province, il fut nommé d'abord Intructeurs des Pères de troisième probation, puis Recteur du collège de Koniggratz. Il survécut douze ans à la suppression de la Compagnie, et mourut eu très haute réputation de vertu, à l'âge de soixante-sept ans, cinquante-et-un après son entrée au noviciat.
Car.vyon, Documents inédits..., document I. Les prisons de Pombal, p. 146. — SoMMERVoGEL, BibUotli,, t. G, /;. 1265. — Pelzel, Boemische gelehrte, p. 236. — de Guilhermy, Ménologe de l'Assistance d'Italie, 2« part., 10 sept., p. 285.