‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 153 sur 327 · XXVI MARS. — PP. ZACH ET MAREKOVICH · texte numérisé non relu

XXVI MARS. — PP. ZACH ET MAREKOVICH

Le vingt-sixième jour de mars moururent, dans la Province d'Autriche, le P. IsAAc Zach à Steier en 1658, et le P. Jean-Baptiste Marekovich en 1713 à Warasdin.

Le P. Zach, appelé le saint de Steier et le père des pauvres, faisait ses délices de servir et de consoler tous les malheureux. Il avait fondé pour eux trois maisons de refuge, et consacrait presque tous ses moments libres à composer de courts et pieux opuscules propres à les instruire, à les consoler, à les sanctifier. II portait aussi une affection toute particulière à nos Frères Coadjuteurs, et traduisit pour eux le traité du P. Lancicius sur l'excellence, la sainteté et la perfection propre de leur vocation. Avant de mourir, le P. Zach obtint la permission de faire lire, du haut de la chaire, dans notre église, une sorte d'amende honorable, où il priait la ville et ses chers pauvres de lui pardonner ses nombreux manquements à leur égard, acte d'humilité qui fit fondre en larmes tous les assistants. Puis quand il fut sur le point d'expirer, il se déclara prêt encore, si tel était le bon plaisir de Notre-Seigneur, à se dévouer de nouveau au salut des misérables, et il les confia comme son plus précieux héritage à la charité de ses frères et des magistrats.

Le P. Marekovich, mort à l'âge de quarante-trois ans, avait, par zèle des âmes, appris la langue des Rasciens, dont il s'était fait l'apôtre, et il jouissait déjà d'une immense réputation parmi ces peuples, également ravis des fruits de son apostolat et des miracles qu'il opérait au moyen des reliques de saint Ignace. Les horribles instruments de pénitence dont il affligeait sa chair et qui furent découverts après sa mort, firent bien voir que toute sa puis-

sance lui venait de la croix. Le P. Marekovich avait passé vingtcinq ans dans la Compagnie.

P. IsAAC Zach. — Siimmar. i<ùœ defunct. Prov. Austr. (Archw. Rom.). — Stoger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 403. — Patrignani, Menolog., 26 marzo, p. 188. — Sommervogel, Biblioth., t. 8, p. 1435.

P. Jean Marekovich. — Stoger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 219. — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 536.

N. B. — Les PP. Patrignani et de Backer appellent le P. Zach Tach et Tnck. Nous avons suivi le Summar. vitœ et le P. Stoger, qui écrivent Zach. Ce Père signe lui-même la formule de sa profession Isanc Zach.

* Le vingt-sixième jour de mars de l'an 1692, mourut au collège de Brigue en Valais le P. Pierre Mayenberg, né à Zug, véritable chasseur d'àmes, doué de toutes les qualités naturelles et surnaturelles qui font l'homme apostolique. 11 avait ardemment désiré et instamment demandé la mission des Indes ; c'est au Valais qu'il devait prodiguer ses sueurs. L'abnégation est une des premières vertus du missionnaire. Le P. Mayenberg ne l'ignore pas ; il est sans pitié pour lui-même. Toutes les privations font ses délices. Sous le ciel rigoureux de la Suisse, non seulement il ne fait pas de feu pendant l'hiver, mais il ne prend pas même la précaution de fermer la fenêtre de sa cellule ; pour réchauffer ses mains engourdies par le froid, il se contente de les frotter de neige. Il n'a souci que des âmes. Pour arriver jusqu'à elles, les instruire, les arracher au péché, il s'engage dans des routes à peine accessibles aux fauves de la montagne. La nuit ne l'arrête pas toujours, il

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