‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 156 sur 327 · XXVII MARS. P. JOSSE KEDD · texte numérisé non relu

XXVII MARS. P. JOSSE KEDD

inonda son Ame. Par humilité, il garda longtemps pour lui seul le secret de cette précieuse promesse ; mais sur le point de mourir, il en fît la confidence à son Père spirituel ; et bientôt après, plein de reconnaissance pour la miséricordieuse bonté de la Reine du ciel, il rendit le dernier soupir. 11 était âgé de soixante-huit ans, et en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Prov. Bohein., part. 4» , lib. 6, n. 116, p. 924. — Litter. ann. Soc. Jesii, anno 1653, p. 125. — Nadasi, Ann. dier. memor., 11^ mart., p. 171. — Drews, Fasli Soc, 27* mort., p. 118. — Patri- GNANi, Menol., 27 marzo, p. 197.

N. B. — Le P. Patrignani, l. c, nous ne savons sur quels documents, appelle ce Père Markekio ; c'est peut-être une simple inadvertance.

Le vingt-septième jour de mars, l'an 1657, mourut à Vienne le P. JossE Kedd, adversaire déclaré des hérétiques. Dès sa plus tendre jeunesse, il avait préludé aux victoires qu'il devait un jour remporter. Il était à peine parvenu à l'âge de raison, que montant déjà sur un escabeau ou sur un tronc d'arbre, il s'efforçait avec des paroles animées de prémunir ses compagnons de jeu contre les erreurs de Luther. Avec le temps, ce zèle ne fit que s'enflammer. Devenu religieux de la Compagnie, le P. Kedd donna de nombreuses missions en Hongrie. Dans son infatigable ardeur à défendre ou venger l'Église, il mit près de quatre-vingt fois la main à la plume contre les ennemis de la vérité. Ce vaillant athlète mourut à l'âge de soixante ans ; il en avait passé quarante dans la Compagnie.

Drews, Fasti Societ. Jesu, 27^ mart., p. 118. — Stôger, Scriptor. Pro~ vinc. Austr., p. 173. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 9.58. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 517.

* Le vingt-septième jour de mars de l'an 1684, mourut au collège Saint-Clément de Prague le P. Georges Kral, « homme incomparable, dit l'auteur de sa notice, dont la perte fut pleurée par toute la Province ». C'était un vrai fils de saint Ignace, uniquement préoccupé de glorifier Dieu en servant la Compagnie et en se sanctifiant. Quand il eut été nommé Recteur, il ne put retenir ses larmes, tant il se jugeait incapable de gouverner les autres. Mais jamais supérieur ne parut mieux rempli de l'esprit et de la charité de notre Bienheureux Père. Il voj'ait souvent ses inférieurs en particulier, s'enquérait de leurs besoins et y pourvoyait libéralement ; il redoublait de tendresse à l'égard des malades et de ceux qui chancelaient dans leur vocation. Aux scolastiques, il donnait des encouragements et des conseils pour leurs études et leur perfection et, ajoute le biographe, il recommandait vivement les trois S : Sanctitate/7i, Sapientiam, Scuiitatem, la sainteté, la science et la santé.

Le P. Kral prêchait surtout par l'exemple. Sa modestie lui avait fait donner le nom d'ange ; sa mortification était presque excessive ; sans parler des jeûnes, des veilles, des cilices, des flagellations répétées matin et soir, il passa plusieurs années sans prendre ni viande, ni vin. Il était comme mort à la nature, tellement il en avait soumis tous les mouvements à l'empire de la raison et de la foi ; aussi les événements les plus fâcheux et les plus imprévus ne pou-

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