XXIX MARS. P. GEORGES MUGLIN
* Le vingt-neuvième jour de mars de l'an 1681, mourut à Munich, où il était allé prendre part à la Congrégation provinciale, le P. Georges Muglin, Instructeur des Pères de troisième probation à Alt-Oetting. C'est dans cette charge qu'il avait terminé vingt-cinq années consacrées sans interruption au gouvernement des plus grands collèges et, à deux reprises différentes, de toute la Province de Haute-Allemagne. Dieu l'avait doué de toutes les qualités qui font les bons supérieurs : un grand cœur, une rare prudence, une constance à l'épreuve de toutes les difficultés, enfin la connaissance des hommes et une facilité étonnante à les incliner comme sans effort à l'accomplissement de leur devoir. Quand les Suédois s'emparèrent de Landsberg en 1746, c'est lui qui sauva la ville du pillage et de l'incendie ; il sut si bien s'insinuer dans l'esprit des chefs, qu'il changea leur fureur en bienveillance.
Ces qualités étaient relevées par les vertus religieuses. En première ligne le P. Muglin plaçait la libéralité envers Dieu. « Salus a donio Dei, notre salut viendra de la maison de Dieu », était une de ses maximes. Il déployait une sorte de magnificence en tout ce qui touchait au service divin. En retour, il attendait tout de la bonté divine, et dans la Province, il était comme passé en axiome que Notre-Seigneur bénissait les maisons où il se trouvait. Il montrait la même- générosité envers les pauvres, et surtout envers ses frères, qu'ils fussent sains ou malades. II réservait ses rigueurs pour lui-même. A l'exemple de saint François Xavier, il ne souffrait pas qu'on le servît; et jusque dans sa vieillesse ou ses infirmités, il se refusait, autant que possible, à tout ce qui lui paraissait exception et singularité. Il aimait la pauvreté d'un amour de fils. En A. G. — T. I. — 37.
terminant la retraite qui fut la dernière de sa vie, il porta chez son supérieur tous les menus objets de piété qu'il pouvait avoir encore : « Mon Père, lui dit-il en souriant, voilà le fruit de ma retraite ».
Au milieu de tant d'affaires qu'il avait eues en main durant sa longue administration, le P. Muglin, comme on en recueillit le témoignage de sa propre bouche peu de temps avant sa mort, n'avait jamais eu en vue que le bon plaisir et la plus grande gloire de Dieu, « et, ajoutait-il avec un humble sentiment de joie, c'est ce qui me fait espérer que Dieu voudra bien me récompenser selon sa magnificence ». Le P. Muglin mourut dans la soixante-huitième année de son âge et la cinquante-et-unième depuis son entrée dans la Compagnie.
Litter. ann. Oettingan. (Notes du P. de Guilhermy, Archiv. dom.).
* Le vingt-neuvième jour de mars de l'an 1705, mourut à Tyrnau le P. Martin Szentivani, né à Szentivani, château de sa famille en Hongrie. L'enseignement des hautes sciences, la direction des études et de l'imprimerie à l'université de Tyrnau, le gouvernement de cette même université et du collège Pazmani à Vienne, remplirent presque toute sa vie religieuse. Les heures que lui laissaient libres ses occupations étaient consacrées à la composition. Entre autres ouvrages sortis de sa plume, on peut signaler de nombreux opuscules contre les protestants ; ces écrits eurent un grand succès et ébranlèrent même quelques-uns des plus habiles ministres. Le