‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 167 sur 327 · XXXI MARS · texte numérisé non relu

XXXI MARS

* Le trente-et-unième jour de mars de l'an 1634, mourut au collège d'Agram le P. Etienne Ratkai, d'une noble et ancienne famille de la Croatie. L'Histoire de la Compagnie lui applique l'éloge de l'homme que l'apôtre saint Jacques appelle parfait : « Si quis in verbo non offendit^ hic perfectiis est vir ». (Jac, 3. 2.) Il avait pris la ferme résolution de ne jamais dire un mot qui fût contraire à la charité ou à l'obéissance ; il tint fidèlement parole. Si parfois autour de lui l'entretien venait à glisser dans la médisance ou la critique, il cherchait adroitement à le détourner sur d'autres sujets ; et s'il ne pouvait y réussir, il s'éloignait plutôt que de continuer à entendre, même sans y prendre part, des propos qui blessaient sa vertu de prédilection. Cette délicatesse de charité avait rendu le P. Ratkaï extrêmement cher, et aux supérieurs dont il défendait l'autorité en toute circonstance, et à ses frères qui savaient leur réputation en assurance auprès de lui ; en même temps elle contribuait grandement à resserrer entre tous les membres de la communauté les liens de l'union fraternelle. Le P. Ratkaï mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, dont il avait passé trente-six dans la Compagnie.

CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, part. G'"" , t. 2, lib. 16, n. 186, p. 494.

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