‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 172 sur 327 · III AVRIL. P. JEAN-BAPTISTE JACOBOVICH · texte numérisé non relu

III AVRIL. P. JEAN-BAPTISTE JACOBOVICH

nus ; il volait à la poursuite des âmes avec plus d'ardeur et d'élan que le chasseur à celle de sa proie ; non tani ire qiiani volare i>idebatur. Souvent il devait prêcher en plein air, aucune église ne pouvant contenir les foules qui accouraient pour l'entendre. Il organisait ensuite des processions de pénitence pendant lesquelles il ne cessait de se flageller en criant miséricorde pour les pécheurs.

Les mois d'hiver, le P. Jacobovich résidait ordinairement à Raguse ; il vaquait aux divers ministères de la Compagnie et dirigeait une florissante congrégation d'ouvriers. Il pratiquait toutes les vertus d'un saint, l'humilité, l'union à Dieu, la mortification, la fidélité aux moindres observances. Nul manquement ne lui paraissait léger; dès son noviciat, il s'était imposé cette règle fondamentale de perfection: « J'aurai toujours une conscience timorée ».

Ses forces ne résistèrent pas longtemps à tant de fatigues. Vaillant jusque dans les suprêmes défaillances de la nature, il voulut recevoir le saint viatique à genoux. Il ne cessa, tant que sa langue fut libre, de répéter ces douces invocations : Jesu, Maria, Joseph, niei dulcissinii amores, patiar ego, nioriar vestri amore... II s'éteignit, comme il l'avait demandé à Notre-Seigneur, le jour du vendredi saint. Sa mort répandit le deuil sur les côtes orientales de l'Adriatique, et sa mémoire s'y conserva comme celle d'un saint. Le P. Jacobovich n'avait pas encore quarante-cinq ans accomplis ; il en avait passé vingt-deux dans la Compagnie.

Litterœ ann. Provinc. Auslr., anno 1733, pp. 211-218 (Archiv. Rom.).

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