‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 174 sur 327 · IV AVRIL. P. IGNACE WEIS · texte numérisé non relu

IV AVRIL. P. IGNACE WEIS

sonniers et sa patience dans les épreuves et les aridités mérita des grâces extraordinaires. Pendant qu'il était lui-même malade, saint Ignace, dont une image était placée près de son lit, abaissa tout à coup sur lui des regards pleins de paternelle bonté, et Notre- Seigneur daigna lui révéler le moment de sa bienheureuse mort.

P. Thierry Krall. — Sciimidl, Histor. Provinc. Bohem., part. 2» , lib. 4, n. 83, p. 451 ; n. 87, p. 457; part. 4'», lib. 1, n. 60, p. 89. — Cruge- Hus, Sacri pulveres Bohemiic, 4^ april.^ p. 31. — Sotuellus, Biblioth., p. 754. — SoMMERvoGEL, BibUolli., t. 4, p. 1213. — Pelzei., Gelehrte und Schriftsteller' S. /., p. 9.

P. Gasp.vr Glabotschnig. — Stôgeh, Scriptores Provinc. Austr., p. 99. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 1496.

P. Joseph Bonaperger, Litterie anniue Provinc. Austr. anno 1731, /y?. 548- 559 (Archiv. Boni.]. — Stôger, Op. cit., p. 34. — Sommervogel, Op. cit., t. 1, p. 1697.

* Le quatrième jour d'avril de l'an 1725, mourut en Bohême dans le cours de ses missions le P. Ignace Weis, du collège de Hradische. « C'était, disent les annales de la Province de Bohême, un homme tout apostolique, d'une grande mortification, d'une profonde humilité, d'une pauvreté très rigoureuse, d'une pureté de vie angélique, et que sa ferveur et son zèle pour le salut des âmes avaient mis en très haut crédit dans toute la contrée ». Il semble avoir eu révélation de sa mort prochaine et de son éternelle prédestination.

Une circonstance extraordinaire ajouta grandement à la réputation de sainteté du P. Weis. Quand on ouvrit son tombeau trois semaines après ses funérailles, son visage, qu'on avait vu défiguré a. g. I. — T. I. — 40.

par la mort, parut tout brillant des couleurs de la vie. Une multitude immense accourut au bruit du prodige ; et en contemplant cette beauté merveilleuse qui lui apparaissait comme un rayonnement de la splendeur des corps glorifiés, elle rendit grâces à Dieu, toujours admirable dans ses saints. Le P. Weis était âgé de cinquante ans ; il en avait passé trente-cinq dans la Compagnie.

Histqria Provinc. Boheni., supplément, ab aniio 1723 ad aiin. 1726. Histor. collegii Hradistiens. {Arc/iiv. Rom.).

* Le quatrième jour de mars de l'an 1741, mourut au noviciat de Vienne le F. Jean Schlemer, Coadjuteur temporel. Il remplit pendant trente-trois ans l'office de dépensier, avec une attention, un dévouement et une charité qui ne se lassèrent jamais. On le voyait toujours le même, empressé à rendre service, aimable, souriant, très adonné à la prière et à la mortification ; c'était à ces deux vertus qu'il avait confié la garde de sa pureté. Sa dévotion à la sainte Vierge était toute filiale et très ardente.

On raconte de lui un trait semblable à celui qu'on lit dans l'histoire de notre Bienheureux Père récemment converti. Jeune encore, il faisait route un jour avec un hérétique. La conversation tomba sur la sainte Vierge. L'hérétique se moqua de la dévotion des catholiques, et osa même parler avec inconvenance de la Mère de Dieu. Jean Schlemer se contint d'abord quelque temps ; mais le sectaire continuant à blasphémer, son indignation éclata ; il tira son épée et se jeta sur l'hérétique ; il l'aurait indubitablement percé, si

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celui-ci ne s'était dérobé à ses coups par une fuite précipitée. Le F. Schlemer mourut à l'âge de soixante-quatorze ans ; il en avait passé quarante-huit dans la Compagnie.

Litter. ann. Provinc. Austr. ann. 1741, /;. 127 (Arc/u'v. Rom.).

* Le quatrième jour d'avril de l'an 1758, mourut à Loschitz en Moravie, au service des malades, le P. Christophe Rieder, du diocèse de Ratisbonne, homme d'une vertu insigne et véritable enfant d'obéissance. Il avait une sorte d'horreur pour la vie des camps. Il envisageait avec épouvante la fatigue des longues marches, les souffrances de la faim et de la soif. Or, c'est précisément au milieu des armées impériales qu'il fut envoyé. 11 ne dit pas un mot pour s'excuser, et jusqu'à son dernier soupir, demeura vaillamment à son poste. Fallût-il escalader les montagnes, s'ouvrir un chemin à travers les neiges et les glaces, au moindre signe des supérieurs, il était prêt ; et seul, avec une santé délabrée il faisait plus, dit son biographe, pour le salut des Ames, que plusieurs ouvriers très valides.

A la bataille de Lissa en Silésie, perdue par les Autrichiens contre Frédéric II de Prusse, le P. Rieder fut surpris par les vainqueurs pendant qu'il entendait les confessions des blessés, et dépouillé de tout ce qu'il avait, sans qu'on lui laissât même un denier pour se procurer de quoi vivre. Quelques mois plus tard, atteint de dyssenterie et de fièvre maligne, il se fît transporter à l'hôpi-

tal de Loschitz pour consacrer ses dernières forces aux moribonds et les préparer à paraître devant Dieu ; et c'est dans cet exercice de zèle et de charité qu'il expira. Le P. Rieder n'avait pas encore quarante ans accomplis ; il en avait passé dix-huit dans la Compagnie.

Summar, vitœ defunctor. in Provinc. Gerinan. Superior. ann. 1758 (Archiv. Rom.).

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