V AVRIL
Le cinquième jour d'avril de l'an 1647, mourut à Munich, au service des pestiférés, le P. Philippe Maier, laissant, dit le P. Nadasi, le nom et la réputation d'un ange, dont la cour des princes n'avait pu efïleurer ni la pureté ni la modestie. C'était aussi, ajoute le même auteur, un admirable apôtre, auquel sept années des plus rudes travaux dans les montagnes de l'ancien Norique avaient paru peu de chose au gré de son amour pour les âmes et pour Jésus-Christ. Le P. Maier mourut à l'âge de soixante-trois ans ; il en avait passé quarante-six dans la Compagnie.
Nadasi, Supplément au P. Alegambe, Heroes et vicdmse charitatis, p. 434.
Le cinquième jour d'avril de l'an 1664, mourut à Briinn le Frère novice Wenceslas Wolff, âgé seulement de dix-sept ans. Pendant ses études au collège de Neuhaus, il avait puisé, dans les exemples de ses professeurs, une estime et un amour extraordinaire pour la Compagnie. « Si l'on refusait de me recevoir, disaitil, je suivrais à pied le Père Provincial dans toutes les maisons
de sa juridiction, jusqu'à ce qu'il m'ait admis au nombre de ses enfants ». Craignant qu'on ne regardât comme un obstacle à son entrée une seconde rangée de dents qui lui avait poussé en arrière de la première, il eut le courage de se la faire arracher.
Ce courageux enfant, bien que d'une admirable innocence, se regardait lui-même et se maltraitait comme un grand pécheur ; il travaillait à se vaincre en toutes choses, et recherchait principalement ce qui pouvait lui donner plus de confusion en présence de ses frères et des étrangers. Dès ses premiers jours de vie religieuse, il avait choisi saint Jean Berchmans pour modèle. Les vertus de ce saint jeune homme et son admirable perfection sous les apparences de la vie commune étaient le sujet ordinaire de ses entretiens. Le F. WolfY le faisait revivre spécialement par sa modestie. L'une de ses industries pour se conserver sans tache, était, toutes les fois qu'il sortait de la maison, de confier la garde de ses 3'eux à la Reine des anges, afin qu'ils ne vissent rien au dehors qui fût tant soit peu capable de déplaire à Dieu.
Patrignani, Menol., 5 april., p. 47. — Suminar. vitœ defimct. Proidnc. Bohem. (Archù'. Rom.).