‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 183 sur 327 · IX AVRIL. — P. FRANÇOIS KIRIS · texte numérisé non relu

IX AVRIL. — P. FRANÇOIS KIRIS

* Le neuvième jour d'avril de l'an 1736, mourut saintement à Presbourg le P. François Kiris, hongrois. Il fut tour à tour régent de grammaire et d'humanités, préfet des études, missionnaire. Maître des novices et Recteur du collège de Presbourg. A l'époque des troubles suscités dans l'empire par le fameux Tékély allié aux Turcs, il eut à courir les plus graves dangers. Souvent pour se dérober aux recherches des hérétiques et des infidèles, il lui fallait errer pieds nus, sous un costume d'emprunt, sans asile et sans nourriture. Il eût de grand cœur donné sa vie pour le nom de Jésus-Christ et l'honneur de la sainte Eglise, si Dieu en avait accepté le sacrifice. Le martyre de la mortification et de la souffrance le consola de n'avoir pas obtenu celui du sang. Chaque jour, après une rude flagellation, il revêtait un rude cilice qui lui couvrait tout le corps. En même temps il était en butte à un essaim de maladies qui faisaient de lui un homme de douleurs. Les faveurs les plus précieuses le récompensèrent de sa patience et de sa générosité. On le vit à plusieurs reprises élevé de terre pendant qu'il offrait le saint Sacrifice et environné d'un éclat divin. Quand il eut rendu le dernier soupir, son visage prit une expression si douce et si rayonnante de joie, qu'il semblait sourire au peuple accouru pour le vénérer. Le P. Kiris était dans la soixante-seizième année de son âge et la cinquante-huitième depuis son entrée dans la Compagnie.

Litterse ann. Provinc. Austr., anti. 1736 {Archiv. Rom.). — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 184. — Sommervogel, Biblioth., ^ 4, /?. 1081.'

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