XI AVRIL. — P. ANDRÉ ZEHETMAYR. 33S
* Le onzième jour d'avril de l'an 1676, mourut à Presbourg le P André Zehetmayr, d'une noble famille de Styrie. Il était entré au noviciat à l'âge de dix-sept ans et avait acheté sa vocation au prix d'une année entière de luttes contre ses proches et même contre des religieux qui s'étaient faits leurs auxiliaires. Peu de détails nous ont été conservés sur les dix-neuf années que le P. Zehetmayr passa dans la Compagnie. Nous voyons seulement par les témoignages de vénération dont il fut honoré après sa mort, que sa courte vie fut riche en fruits de sanctification pour lui-même et pour les autres. L'archevêque de Gran, primat de Hongrie, vint lui baiser les mains en disant bien haut : « Ce n'est pas lui qui a besoin de nos prières; c'est nous qui avons besoin des siennes ». Le vice-roi proclama de son côté que jamais nulle perte ne lui avait causé tant de regrets. Plus de trois mille personnes de toute condition se pressèrent à ses funérailles. On l'appelait à l'envi l'ouvrier infatigable dans la vigne du Seigneur, le modèle du zèle apostolique, le commun refuge des malheureux. Les protestants mêlaient euxmêmes leurs louanges à celles des catholiques et publiaient à haute voix que le P. Zehetmayr était un saint.
Sumniar. vitœ defunctor. Provinc. Austr. (Archiv. Rom.).
Le onzième jour d'avril de l'an 18-33, mourut à Gratz, pendant sa troisième année de probation, le jeune et apostolique P. Joseph Vasinszky hongrois. Son bonheur, avant même son élévation au sa-
cerdoce, était d'enseigner le catéchisme aux enfants ; il s'y dépensait avec un zèle bien au-dessus de ses forces ; plus tard, quand il eut été ordonné prêtre, il porta la même ferveur dans les autres ministères, la prédication, la confession : l'amour des âmes lui dérobait le sentiment de sa fatigue et l'empêchait de prendre garde au mal qui le consumait lentement. Il n'excellait pas moins dans la pratique de l'obéissance et de la pauvreté. Jamais personne ne surprit en lui le plus léger manquement contre ces vertus ; quant à l'obéissance, afin de couper court à tous les atermoiements et faux prétextes, il avait pris cette maxime pour règle de conduite : Non esse distinguendiun^ sed obediendiun. Le P. Vasinszky mourut très saintement dans l'octave de la résurrection, plein de la confiance d'aller aussitôt partager au ciel la gloire de son Sauveur ; car il avait demandé la grâce de ne cesser de vivre et de souffrir que lorsqu'il aurait pleinement satisfait à la justice divine ; il était âgé de trente-deux ans et en avait passé neuf dans la Compagnie.
Summar. vilse defunclor. Provinc. Austr^ — Litterse ann. Provinc. Galic.-Austr. anno 1833 {Archiv. Rom.).