XII AVRIL
Le douzième jour d'avril de l'an 1624, le P. Gaspar Ruess, né dans le diocèse d'Augsbourg-, mourut à Santa Cruz de la Sierra, l'une des missions les plus sauvages des montagnes du Pérou. Ses travaux sur les langues péruviennes, ajoutés aux fatigues de l'apostolat et à d'excessives austérités, avaient suffi pour épuiser ses forces avant l'âge de trente-neuf ans accomplis. Le récit de sa sainte mort permet d'espérer qu'avec la couronne des apôtres, il reçut encore celle des martyrs, a3'ant été, comme on croit, empoisonné par les Indiens ennemis de la foi. Il avait passé vingttrois ans dans la Compagnie et huit environ dans la mission du Pérou.
SoTUELLus, Biblioth., p. 279. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 12» aprîL, p. 140. SOMMERVOGEL, BibUotli.; t. 1, p. 313.
Le douzième jour d'avril de l'an 1621, mourut à Passau le P. Jean Dautenberger, du diocèse de Trêves. C'était un religieux d'une ardeur incroyable pour l'oeuvre de sa perfection, et qui pro- A. G. I. — I. — 43.
mettait de devenir entre les mains de la Compagnie un merveilleux instrument de la gloire de Dieu ; mais il fut arrêté dès ses premiers pas dans la carrière apostolique, après quinze années seulement de vie religieuse, à l'âge de trente-quatre ans. Au premier rang des vertus, le P. Dautenberger avait placé l'obéissance. II obéissait en tout et toujours, sans murmure et sans excuse. A toutes les difficultés et répugnances, il avait, dit son biographe, une réponse d'une efficacité souveraine : « Id tiii inuneris, ici superioris voluntatem esse; c'est ton devoir, c'est la volonté du supérieur ». Quelquefois, pendant les plus grandes rigueurs de l'hiver, il demeurait de longues heures à l'église, attendant les fidèles qui voudraient se confesser ; comme on lui représentait qu'il pouvait ainsi compromettre sa santé : « C'est mon devoir, répondait-il simplement ; c'est la volonté du supérieur » .
La charité aussi lui était très chère. Il ne laissa jamais tomber de ses lèvres une parole capable de blesser ou de contrister aucun de ses frères. Avant d'entrer en agonie, voyant la communauté rassemblée autour de sa couche, le P. Dautenberger rappela et commenta d'une manière touchante la parole du Sauveur à ses apôtres : In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem hahueritis ad i/wicem ; le signe auquel on connaîtra que vous êtes mes disciples, c'est que vous vous aimerez les uns les autres. » (Jo., 13, 35).
Summar. vitse defunctor. Provinc. Austr. [Archiv. Rom.).