‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 190 sur 327 · XIII AVRIL · texte numérisé non relu

XIII AVRIL

Le treizième jour d'avril de l'an 1624, mourut à Brùnn le P. Jean PozDiERADSKY, de Prachatitz en Bohême. Durant ses vingt-deux années de vie religieuse passées en grande partie dans une procure, sous un supérieur qui exerçait rudement sa vertu, il donna de magnifiques exemples de patience, de recueillement, d'obéissance aveugle et d'humilité, et ne laissa jamais s'altérer en lui, dit l'histoire de la Province de Bohême, la ferveur de son noviciat. Les personnes du dehors ne l'appelaient que le bon Père ; et les hérétiques eux-mêmes, tout en redoutant son zèle à catéchiser les pauvres, ne pouvaient s'empêcher de faire hautement l'éloge de sa modestie et de sa charité. Le P. Pozdieradsky venait d'entrer dans la carrière apostolique, avec l'ardeur d'un zèle longtemps contenu, lorsqu'il fut brusquement emporté par la mort après huit jours seulement de maladie, h l'âge de quarante-trois ans.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 4, a. 47, p. 546.

* Le treizième jour d'avril de l'an 4682, à Leoben, en Styrie, mourut le P. Jean Foresi, de Lugano, après avoir occupé trente-cinq ans les chaires de belles-lettres, de philosophie et de théologie à Tjrnau, Gratz et Vienne. Le P. Foresi se distinguait par une tendre dévotion à la Mère de Dieu; il dirigea pendant dix-neuf ans les congrégations établies en son honneur dans nos collèges. A l'occasion du premier centenaire de celle qui avait été érigée à Vienne sous le vocable de l'Assomption, il traduisit en latin II divoto di Maria Vergine du P. Segneri, et composa le Sœculum Marianum Sodalitatis, livre d'or de la congrégation ou recueil des actions de vertu et d'éclat accomplis par les congréganistes pendant ce premier siècle. Outre son chapelet, le P. Foresi récitait tous les jours l'office de l'Immaculée Conception. Au seul nom, au seul souvenir de Marie, les larmes jaillissaient parfois de ses 3^eux, tant sa piété était tendre. Elle n'était pas moins forte et vaillante.

A l'époque où la rébellion de Tékély contre l'empire mettait tout en confusion dans la Hongrie, le P. Foresi, rappelé de la maison de Kaschau par les supérieurs, tomba entre les mains des rebelles, qui l'accablèrent d'injures et de coups et le menacèrent même de la mort. Le serviteur de Dieu souffrit tout sans se plaindre ; il se contenta, comme prêtre de l'Eglise romaine et client de Marie, de réclamer son bréviaire et son chapelet, qui lui avaient été arrachés ; et quand il les eut en main, il demanda l'absolution au prêtre son compagnon: «Mon Jésus, miséricorde», dit-il ; et présentant sa tête aux brigands, il ajouta : « Et vous, frappez un inutile vieillard ». Ceux-ci demeurèrent interdits de tant de calme et d'intrépidité ; ils lui firent grâce de la vie et peu de temps après le

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