‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 189 sur 327 · XII AVRIL. F. PIERRE KRAFFL · texte numérisé non relu

XII AVRIL. F. PIERRE KRAFFL

* Le douzième jour d'avril de l'an 1648, mourut au collège de Gratz en Styrie le pTère Goadjuteur Pierre Kraffl, qui dans son office de Compagnon du Père Procureur rendit d'éminents services au collège et laissa une mémoire en bénédiction. La multitude et le tracas des affaires n'empêchaient point son union de cœur avec Dieu ; à le voir si modeste et si recueilli, on eût dit qu'il priait tout le jour. Quelles que fussent ses occupations, il ne consentit jamais a omettre ou à négliger aucun de ses exercices de piété : il ne comprenait même pas, disait-il, qu'un religieux, pour des intérêts temporels, fût tenté de se relâcher dans ses devoirs envers Dieu. Le F. Kraffl était profondément attaché à son degré de Frère Goadjuteur ; il était bien loin de ces pensées inquiètes et ambitieuses que l'amour-propre fait germer quelquefois dans les âmes qui ne sont pas suffisamment humbles. Les supérieurs, en considération de sa vertu et des rares aptitudes dont il était doué, lui proposèrent plusieurs fois le sacerdoce ; il se refusa toujours à leurs avances, disant que son unique désir était de vivre et de mourir dans sa première vocation. Il expira très saintement le jour même de Pâques, à l'âge de cinquante-cinq ans, dont il avait passé trente-et-un dans la Compagnie.

Summar. vitse defunclor. Provinc. Austr. [Archiv. Rom.).

Le douzième jour d'avril de l'an 1808, mourut à Polotsk le Frère Goadjuteur François-Xavier Schopfer, religieux également

ami du travail, de l'obéissance, de la prière et de l'humilité. Il était doué d'une aptitude surprenante pour tous les métiers, et rendit ainsi les plus grands services à la Province. Entre autres ouvrages dus à son esprit inventif, on cite une machine à tondre le drap. Quand l'empereur Alexandre visita notre collège de Polotsk en 1802, cette machine excita vivement son attention, et il voulut en avoir le modèle à Saint-Pétersbourg. Au milieu de ces travaux qui souvent lui attiraient de grandes louanges, le F. Schopfer ne s'inspirait que de motifs surnaturels. Ad majorem Dei gloriam était sa devise. Un haut dignitaire de l'empire, après avoir examiné non sans surprise quelques-unes de ses œuvres, lui demandait ce qu'on lui donnait en récompense : « Le vivre et le couvert, répondit-il, en attendant le paradis ». Et il ajouta avec un profond sentiment de foi et une sainte liberté inspirée par le zèle : a Puisse Votre Excellence comprendre ce que veulent dire ces mots : Travailler pour la plus grande gloire de Dieu » !

Le F. Schopfer, qui était venu chercher jusqu'en Russie le bonheur de devenir enfant de saint Ignace, n'avait rien au monde de plus cher que sa vocation. Il demanda comme une grâce de ne pas quitter même dans sa dernière maladie le vêtement de la Compagnie ; c'est avec cette sainte livrée qu'il voulut se présenter au tribunal du souverain Juge. Il mourut très pieusement le jour qu'il avait annoncé, dans la quarante-septième année de son âge et la dix-neuvième depuis son entrée au noviciat.

Summar. vitœ defunctor. in Colleg. Poloc. 1749-1815 {E ms. Provinc. Galic).

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