XVIII AVRIL
Le dix-huitième jour d'avril, au collèg'e de Hall, mourut l'an 1650 le F. Daniel Rosner, Goadjuteur temporel. Il était né dans l'hérésie, mais à la persuasion d'un de nos Pères, il ne laissait pas d'assister chaque matin au saint Sacrifice de la messe. Un jour, au moment de l'élévation, Notre-Seig-neur lui apparut dans la sainte hostie, tout couvert de sang, tel qu'il était dans les douleurs de sa Passion. Daniel Rosner fut aussitôt changé. Pour témoigner au Sauveur sa reconnaissance, il résolut non seulement d'abjurer l'hérésie, mais encore d'embrasser la vie religieuse, afin de ne plus vivre que pour lui. II parvint à une haute perfection dans son degré, par sa tendre dévotion envers l'adorable Sacrement de l'autel ; c'est là qu'il allait chercher sa force et sa consolation dans toutes ses peines et ses épreuves. Le F. Rosner mourut très pieusement après avoir passé trente-trois ans dans la Compagnie.
Summar. vitse defunct. Provinc. Ger/nan. Superior. {Archiv. Rom.). — Nadasi, Ann. dier. memor.., 18» april., p. 216. — Drews, Fasti Soc. Jes., 18a april., /?. 147.
Le dix-huitième jour d'avril de l'an 1677, mourut à Vienne sa patrie le F. Jean-Baptiste Kaimpach, novice Scolastique, après avoir prononcé sur son lit de mort ses vœux de dévotion. Il était vraiment de la famille des Stanislas, des Louis de Gonzague et des
Berchmans. A quatre ans, on le surprit un jour tout en larmes au pied d'un crucifix ; comme on lui demandait pourquoi il pleurait : « Ah ! dit-il, c'est que mon père du ciel est mort sur la croix ». Il avait une horreur comme instinctive du péché et garda toujours dans sa fleur l'innocence de son baptême. A peine apportait-il au tribunal de la pénitence une accusation qui fût matière suffisante d'absolution. Il faisait la lecture spirituelle aux serviteurs de sa famille et leur parlait avec une véhémence tout apostolique de la malice du péché et des fins dernières. Ecolier à notre collège de Gratz, Jean-Baptiste Kaimpach y fut le modèle de la jeune noblesse qui fréquentait les classes ; on l'appelait l'ange et le saint. Chaque jour il faisait une heure d'oraison, à genoux et immobile, comme saint Louis de Gonzague, et crucifiait sa chair innocente par le ciliée, le jeûne, le sommeil sur la terre nue.
Ses études terminées, il entendit au fond de son âme la voix de Dieu qui l'invitait h entrer dans la Compagnie ; mais à l'exemple de ses bienheureux modèles, Louis et Stanislas, il dut acheter au prix de longs et douloureux combats le bonheur de suivre Jésus-Christ sous l'étendard de saint Ignace. Quand il fut enfin sorti victorieux de la lutte, comme s'il eût prévu que sa carrière serait courte, il redoubla d'ardeur pour recueillir en peu de temps les mérites d'une longue vie. Toutes ses vertus d'enfant et de jeune homme brillèrent d'un éclat plus vif, la modestie, la charité, la fidélité aux petites choses, la dévotion à la sainte Vierge et au Saint Sacrement ; et après dix-huit mois de noviciat, à l'âge de dix-neuf ans, il s'endormit joyeusement et saintement dans le baiser du Seigneur.
Sutnmar. vilse defunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).