‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 198 sur 327 · XVII AVRIL · texte numérisé non relu

XVII AVRIL

Le dix-septième jour d'avril de l'an 1687, mourut à Rome le P. Samuel Laberhittel, d'Olmutz en Moravie, religieux d'une insigne mortification. Durant ses premières années d'enseignement au collège de Briinn, il avait, sous prétexte de fatigue, à peu près interrompu ses pénitences ; mais un jour qu'il en faisait humblement l'aveu au P. Martin Stredonius son supérieur, en lui rendant son compte de conscience : « Mon cher Frère, lui répondit le serviteur de Dieu, prenez garde de ressembler un jour à quelques autres qui, en négligeant de crucifier leur chair, ont fini par devenir un objet d'étonnement et de douleur pour la Compagnie ». — « Depuis lors, disait dans sa vieillesse le P. Laberhittel, je n'ai jamais oublié cet avis, au grand profit de mon âme ; et j'ai vu à mon tour avec stupeur déchoir rapidement, et en venir jusqu'à la perte de leur vocation, pour n'avoir pas réduit leur corps en servitude, des hommes qui semblaient devoir être les colonnes de la Compagnie. » Le P. Laberhittel passa ses vingt-cinq dernières années en Italie dans l'emploi de pénitencier, partie à Lorette et partie à Rome. 11 mourut à l'âge de ëbixante-sept ans, dont il avait passé quarante-huit dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, part. 4, lib. 5, n. 148, p. 590. — SoTUELLus, Biblioth., p. 732. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 1338. — - Pelzel, Boemische gelehrter S. /., p. 49.

* Le dix-septième jour d'avril de l'an 1609, mourut à Munich le P, Georges Feder, de la Province de Haute-Allemagne. Il avait enseigné de longues années la philosophie, la théologie dogmatique et morale, et enfin les mathématiques à Naples et à Dole. De retour en Allemagne, il se consacra sans réserve au salut des âmes et aux œuvres de miséricorde. C'est à lui que reviennent le mérite et l'honneur d'avoir ouvert à Munich le premier orphelinat établi dans cette grande ville. L'œuvre modeste à ses débuts se développa peu à peu. Grâce à de nombreuses démarches et sollicitations, il lui créa des ressources, lui acheta môme une maison en propre, où il réunit bientôt quarante orphelins et orphelines. Pour aider ces enfants à se faire ensuite plus facilement une position, il obtint de l'autorité publique qu'un maître payé par le trésor de la ville fût donné aux orphelins pour leur apprendre les premiers éléments des lettres, et une maîtresse aux orphelines pour les foi'mer aux travaux de leur sexe.

Par une grâce précieuse qui fut considérée comme une récompense de son zèle, le P. Feder eut le bonheur de mourir le vendredi saint, à la même heure que le Sauveur du monde, après une courte maladie contractée dans l'exercice du ministère apostolique.

Il était âgé de cinquante-neuf ans et en avait passé quarantetrois dans la Compagnie.

Litterœ ann. Societ. anno 1609, p. 340. — Historîa Provinc. German. Supei'ior., t. 3, p. 418. — Nadasi, Ann. dier. memor., 17* apr., p. 213. — SoTUELLUs, Biblioth.., p. 287. — Sommeryogel, Biblioth., t. 3, p. 584.

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