‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 2 sur 327 · I" JANVIER · texte numérisé non relu

I" JANVIER

Le premier jour de janvier de l'an 1607 mourut à Trêves, après vingt-six années d'apostolat dans les prisons et souvent jusque sur les échafauds, l'intrépide P. Luc Ellentz, frappé subitement en chaire dans la cathédrale, pendant qu'il célébrait l'amour et les grandeurs du nom de Jésus. Les pratiques de la sorcellerie et de la magie étaient alors trop communes en Allemagne. A la vérité, les haines particulières enveloppaient bien des innocents dans l'accusation d'un crime qui entraînait la peine de mort, et l'on sait que ce fut surtout à l'intervention d'un fils de saint Ignace, le P. Frédéric Spée, que l'on dut plus tard la répression de ces sanglants abus. Il est certain néanmoins que le recours aux anges de ténèbres n'était que trop réel et trop répandu. Or, plus de deux A. G. I. — T. I. — 1. 1

cents de ces malheureux, condamnés au dernier supplice, reçurent de la charité du P. Ellentz leur suprême consolation au milieu des flammes. Pour triompher plus sûrement des puissances de l'enfer, l'homme de Dieu, selon le conseil de l'Evangile, recourait aux armes de la prière et de la pénitence: il luttait des jours entiers, sans sommeil et sans nourriture, et se riait de toutes les menaces du démon. Deux criminels l'avertirent un jour que sa mort avait été décidée, la nuit précédente, dans un conciliabule infernal, et qu'il périrait avec eux le lendemain, s'il osait les accompagner au bûcher. Une effroyable tempête éclata en effet au moment oii l'on allumait la flamme, et mit tout le peuple en fuite. Mais malgré les éclats de la foudre dont on l'avait cru frappé, le P. Ellentz ne cessa de consoler et d'encourager les deux condamnés jusqu'à leur dernier soupir, et il eut la joie de les voir expirer pleins de confiance dans la miséricorde de Dieu.

Litter. ann, Societ. Jesu, anno 1607, p. 680. — Juvencius. Histor. Soviet. Jesu, part. 5», lib. 24, n. 75, p. 846. — Reiffenberg, Histor. Societ. Jesu ad Rhen. Inferior., lib. 13, p. 428. — Patrignani, Menologio, 1 gennaio, p. 12. — Nadasi, Annus dierum memorabilium Societ. Jesu, 1* /anuar., p. 3. — Joann. Drews, S. J., Fasti Societ. Jesu, Brunsbergœ, 1723, la j'anuar., p, 2.

* Le premier jour de janvier de l'an 4616 mourut à Brûnn le P. Pierre Schultet, un des deux ouvriers apostoliques qui à la demande de l'archiduc Charles, évêque de Breslau, avaient fondé la mission de Neisse en Silésie. Le mépris du monde et de lui-même

r"^ JANVIER. P. PIERRE SCHULTET. 6

était le caractère dominant de sa vertu. Une attaque foudroyante d'apoplexie l'emporta dans la vigueur de l'âge ; mais il ne fut point surpris ; car le jour même, comme s'il avait reçu quelque avertissement du ciel, il avait fait une confession générale de toute sa vie ; et au moment où il fut terrassé par le redoutable mal, il était armé d'un rude cilice. Le P. Schultet n'avait que quarantecinq ans, il en avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.

Jo. ScHMiDL, Hislor. Provinc. Bohemiœ, part. 3*, lib. 1, n. 41, p. 40.

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