XIX AVRIL
Le dix-neuvième jour d'avril de l'an 1638, mourut à Munich, en odeur de sainteté, le P. Jébémie Drexelius, dont un contemporain résumait l'éloge en ces trois mots : Bene dixit, bene scripsit, bene vixit. Nommé à trente-quatre ans prédicateur du duc de Bavière, il remplit cette charge vingt-trois années de suite jusqu'à sa mort, sans lasser jamais le goût si difficile de la cour, et ne cessa d'être vénéré universellement comme le ministre incorruptible de la loi et de la parole de Dieu. Il ne disait rien en chaire qu'il n'eût médité au pied de son crucifix. Un de ses auditeurs les plus distingués assura sous la foi du serment, après sa mort, l'avoir vu en plusieurs circonstances, pendant qu'il prêchait, tout investi et comme couronné d'une lumière miraculeuse.
Bien qu'il parût n'avoir qu'un souffle de vie toujours prêt à s'éteindre, le P. Drexelius trouvait encore dans son zèle la force d'écrire ses nombreux opuscules de piété, où sous une forme en rapport avec le goût du temps, il semait les trésors d'une érudition immense, dont il nous a livré le secret dans son Aurifodina ou Mine d'or. 11 traita successivement tous les grands sujets qui intéressent l'âme chrétienne: l'éternité, la mort, le tribunal de Jésus- Christ, l'enfer et le ciel, les signes et les gages de prédestination,