XIX AVRIL. P. JÉRÉMIE DREXELIUS
les vertus et en particulier la chasteté, la prière, le jeûne et l'aumône; les mystères de la naissance, de la passion et de la résurrection de Jésus-Christ; puis il proposa les modèles des chrétiens dans quelques-uns des grands hommes de la sainte Ecriture, Noé, Joseph, Job, David, Salomon, Daniel et Tobie. Ces opuscules se répandaient avec une rapidité étonnante dans toute l'Allemagne catholique ; la seule ville de Munich en avait déjà vu publier plus de cent-soixante-dix mille exemplaires , moins de cinq ans après la mort de l'infatigable écrivain. Cette multitude de lecteurs mérita au P. Drexelius d'être appelé le prédicateur de toute l'Europe ; l'archiduc Maximilien de Bavière disait à son médecin, en lui ordonnant de ne rien épargner pour arracher l'homme de Dieu à la mort : « Sachez que la vie de Drexelius est sans comparaison plus importante pour la chrétienté que la vie de Maximilien ».
Les travaux de ce vaillant religieux pour l'honneur de l'Église et le salut des âmes, au milieu de continuelles infirmités, suffiraient pour donner une haute idée de sa vertu. Mais l'Histoire de la Compagnie dans la Province de Haute-Allemagne, nous a conservé de précieux détails sur sa vie intérieure, sur quelques-unes des grâces dont il fut favorisé par Notre-Seigneur, et sur les miracles obtenus par son intercession après sa mort. La pensée de l'éternité, qu'il méditait chaque jour au moins un quart d'heure, avait arraché de son âme toute attache aux choses créées ; aussi conseillait-il aux âmes qui désiraient tendre sérieusement à la perfection de se répéter plusieurs fois par jour ces paroles : Éternellement, éternellement, éternellement. Il y trouvait pour lui-même une source toujours plus abondante de lumière et de sainteté : « Je croyais autrefois, disait-il, dans les derniers temps de sa vie, avoir écrit
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quelque chose sur l'éternité, mais je vois que je n'en savais pour ainsi dire rien ». Dix-huit ans avant sa mort, il reçut le jour de l'ascension une vive intelligence de ces paroles du Psalmiste : « Delectare in Domino ; réjouissez-vous dans le Seigneur « (Ps. 36. 4). Il les médita une année entière, de manière à ne plus trouver aux créatures que le goût de la présence et de l'opération même de Dieu. Le P. Drexelius mourut dans la cinquante-septième année de son âge et la quarantième depuis son entrée dans la Compagnie.
Nadasi, Ann. (lier, memorub., 19» april., p. 217. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 19* april., p. 147. — Patrignani, 19 april., p. 175. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 337. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 181. — Histor. Provinc. German. Superior., t. b, decas 10, c. 58, p. 410 seqq. — Menologium Sanclor. et Virer, illustr. S. J. Tyrnavise, 19^ april., p. 61. — Feller, Dictionn. histor., t. 2, p. 610.
* Le dix-neuvième jour d'avril de l'an 1676, mourut à Klagenfurt le P. Barthélémy Podl, né en Carinthie, surnommé l'ouvrier universel, operarius universalis, tellement il était prompt à embrasser toutes les oeuvres qui intéressent la gloire de Dieu et le salut des âmes. Il faisait le catéchisme aux enfants, visitait les prisonniers, assistait les condamnés à mort, soutenait de ses aumônes les pauvres honteux, donnait les Exercices de saint Ignace aux prêtres, prodiguait aux malades de l'hôpital Saint-Sébastien à Klagenfurt les secours de la plus ardente charité ; en un mot, il était le commun refuge de tous dans leurs nécessités spirituelles et corporelles. « Plût à Dieu, disait de lui le Père Provincial, que la Compagnie eût beaucoup de P. Podl ! Quel bien il fait à Klagen-