XX AVRIL
Le vingtième jour d'avril de l'an 16S0, mourut à Inspruck le P. André Brunner, de Hall en Tyrol. A l'Age de seize ans, son saint patron l'avait comme obligé, dans une apparition menaçante, à chercher un refuge dans la Compagnie de Jésus, s'il voulait sauver son âme. Cette intervention extraordinaire de l'apôtre parut la récompense d'une victoire insigne que le jeune André Brunner avait remportée pour sauver sa chasteté. Un jour en effet il avait été sollicité au mal chez un gentilhomme ; comme le patriarche Joseph, il s'était enfui et n'avait jamais voulu consentir à remettre le pied dans cette maison, ni à révéler la cause de sa fuite, bien qu'on essayât de l'y contraindre à force de coups. Dès son noviciat, André Brunner contracta avec Notre-Seigneur et les saints une intime familiarité qui fut pour lui la source des plus précieuses faveurs. Son angélique modestie l'ayant fait hésiter dans la suite à découvrir au médecin une infirmité fort dangereuse, saint Ignace daigna le guérir miraculeusement lui-même ; dans une autre circonstance, d'excessives douleurs de tête, ne lui permettant pas de s'appliquer au travail, il obtint, par l'intercession de saint Louis de Gonzague, d'en être complètement délivré.
Les ravages de la famine et de la guerre et les souffrances A. G. I. — T. I, — 47.
d'une captivité de trois ans dans le camp des Suédois, achevèrent de préparer le P. Brunner à ses travaux apostoliques parmi les montagnards de la Haute-Allemagne et du Tyrol. Ces pauvres gens accouraient en foule aux exercices de ses missions ; ils étaient surtout attirés par les pieuses représentations des mystères de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui provoquaient toujours parmi eux des démonstrations surprenantes de pénitence et de piété. Mais le zélé missionnaire comptait bien plus sur les moyens surnaturels que sur ces industries. Il ne montait en chaire qu'après avoir appelé la bénédiction de Dieu sur sa parole par une longue et rude flagellation ; il s'efforçait aussi de toute manière d'intéresser les âmes du purgatoire au succès de ses travaux, et aimait à reconnaître qu'il avait souvent ressenti les effets de leur protection. Ce grand serviteur de Dieu mourut très saintement dans l'octave de Pâques, à l'âge de soixante-et-un ans, dont il avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.
Summar. vitse defunctor. Provinc. German. Super. (Archw. Rom.). — Litter. ann. Societ. ann. 1650, p. 258. — Nadasi, Ann. dier. niemor., 20» april., 219. — Drews, Fasd Soc. Jesu, 20» april., p. 149. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 48. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 262. — Histor. Provinc. German. Super., t. 4, p. 447 ; t. 5, p. 316. — Patrignani, MenoL, 18 april., p. 173.
* Le vingtième jour d'avril de l'an 1636, mourut à Luxembourg le P. Nicolas de Gusa, né à Cusa dans le diocèse de Trêves. Il était déjà prêtre et avait enseigné la théologie quand il fut admis au