XXI AVRIL
Le vingt-et-unième jour d'avril de l'an 1626, mourut au collège de Gratz le P. Barthélémy Viller, ancien Provincial d'Autriche et confesseur de l'empereur Ferdinand II. Le P. Cordara résume en trois mots l'éloge de sa longue et sainte vie, en l'appelant un des modèles les plus accomplis de la perfection religieuse, surtout par la haine de 1 ui-même, le mépris des choses humaines et l'union de cœur avec Dieu. Les hérétiques eux-mêmes parlaient de lui avec un profond respect, et pendant dix mois qu'il passa dans les fers, à la suite de leurs armées, il acquit universellement auprès d'eux la réputation d'un saint. Le P. Viller mourut à l'âge de quatre-vingt-six ans ; il en avait passé soixante-sept dans la Compagnie.
Cordara, Histor. Soc. Jesu, part. 6» , lib. 11, n. 102, p. 34. — Soche- RTJs, Histor. Prov. Austriœ, lib. 8, n. 116, p. 353, 416. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 4, n. 162, p. 680. — Summar. vitas de/unct. Provinc. Austr. (Archiv, Rom.}.
* Le vingt-et-unième jour d'avril de l'an 1681, mourut à Munich le F. Mathias Peterschein, né à Goire, dans le canton des Grisons. Il est digne d'être proposé comme modèle de l'esprit apostolique qui, d'après leur règle, convient aux Frères Coadjuteurs de la Gompagnie. Il avait un talent merveilleux pour porter au bien les personnes du dehors et leur parler de Dieu. Ses conseils et ses exhortations étaient d'autant mieux accueillis, que sa modestie, sa charité, les exemples de sa sainte vie, lui avaient conquis l'estime et la vénération de tous. Il avait eu le malheur de naître d'une famille calviniste. Ge souvenir était un stimulant perpétuel pour son zèle. Devenu par une grâce doublement précieuse enfant de l'Église romaine et de la Gompagnie, il était animé d'un désir incroyable de venir en aide aux âmes qui languissent misérablement loin de la vérité et loin de Dieu ; et comme il ne pouvait lui-même travailler directement à leur conversion, il se dépensait avec toute l'ardeur et l'activité dont il était capable dans ses différents offices, afin que les prêtres, dégagés du souci des affaires temporelles, n'eussent à s'occuper que des intérêts des âmes. G'est encore au même but qu'il ramenait toutes ses prières ; sa vie n'était qu'oraison et union de cœur avec Dieu. Le F. Peterschein mourut très saintement à l'âge de soixante-quatre ans, dont il avait passé trente-deux dans la Gompagnie.
Petr. Waldner, s. J., Besondere considerationes iiber die regeln FF. Coadj'utor. S. J. (Notes du P. Guilhermy, Archiv. dom).