‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 220 sur 327 · XXVIII AVRIL · texte numérisé non relu

XXVIII AVRIL

Le vingt-huitième jour d'avril de l'an 1649, mourut le Frère Coadjuteur Paul Huber, d'Inspruck, portier du collège de Glatz, et surnommé le saint vieillard par tous les habitants de la ville, même par les protestants. 11 alliait d'une manière surprenante la pauvreté et la charité dans ses différents offices. Tout ce que l'obéissance lui permettait de donner pour le soulagement de ses frères ou des pauvres, il le donnait libéralement; pour lui-même, au contraire, et pour ce qui regardait ses vêtements et sa nourriture, il était très attentif à utiliser les plus misérables restes, et semblait ne trouver rien de trop mauvais.

La nuit, quand les Pères du collège sortaient pour assister quelque malade, le F. Huber demeurait près de la porte en prière, ou couché à terre tout habillé, afin de ne pas les faire attendre à leur retour. Il avait soin de faire prier à genoux les petits enfants qui venaient au collège demander l'aumône ; il leur apprenait surtout à aimer la très sainte Vierge et l'Enfant Jésus. Après sa mort, on trouva dans un cahier écrit de sa main, le détail des lumières qu'il avait reçues de l'Esprit-Saint, et des actes de vertu dont toutes ses journées étaient remplies. Le F'. Iluber expira saintement à l'âge de soixante-et-onze ans ; il en avait passé cinquante dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem. t. 5, lib. 5, n. Yll , p. 546. — B.vn- TuoL. CiiRisTELius, S. J. , Verltt et opéra, Rath und That, p. 217, 240, 349 — Patrignani, Menolog., 8 april., p. 79.

Le vingt-huitième jour d'avril de l'an 1669, mourut à Neuhaus, dans les provinces rhénanes, le P. Jean Grothaus, né en Westphalie, confesseur du prince-évêque de Paderborn, Ferdinand de Fûrstenberg-, qui le vénérait comme un saint. Forcé par son emploi de vivre à la cour, le P. Grothaus n'y perdit jamais de vue les leçons d'humilité que, dans des circonstances analogues, saint Ignace avait coutume de donner à ses premiers enfants. Pensant même qu'un religieux, sincèrement ami du mépris et de l'humiliation, ne devait pas omettre, en présence des étrangers, ce qu'il aurait fait de bon cœur aux yeux de ses frères, il vaquait chaque jour aux fonctions domestiques les plus vulgaires, entretenait l'ordre et la propreté dans sa chambre, bala3rait, portait l'eau ou le bois, en un mot n'avait d'autre serviteur que lui-même. Bien loin de faire tort à sa personne ou à son autorité, ses abaissements lui acquirent au contraire la réputation d'un parfait ministre de Jésus- Christ.

Le P. Grothaus avait obtenu de ramasser et de distribuer chaque jour aux indigents les restes de la table épiscopale ; il recueillait jusqu'aux plumes dans la basse-cour et en faisait des oreillers pour les pauvres malades. Quand il devait entreprendre quelque voyage à la suite de l'évêque, il allait toujours à pied, quelles que fussent la rigueur de la saison ou la difficulté des chemins. C'était encore une de ses pratiques, après deux ou trois heures de sommeil pris sur la terre nue ou sur une paillasse, de se le-

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