XXX AVRIL. — P. PHILIPPE CONRAD
intérêts des âmes. Il expira très saintement à l'âge de soixanteseize ans, dont il avait passé cinquante-six dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rheni Inferior. (Archiv. Rom.}.
* Le trentième jour d'avril de l'an 1758, soixante-dixième anniversaire de sa naissance, mourut à Gratz le P. Philippe Conrad, né en Styrie, homme apostolique et l'un des meilleurs prédicateurs de la Province d'Autriche dans les dernières années de l'ancienne Compagnie. Pendant trente-deux ans il annonça la parole de Dieu à Klagenfurt, Leoben, Laybach, Lintz, Presbourg, Vienne, avec un concours et des fruits qu'on peut appeler extraordinaires. A Vienne, pendant la station de carême, les portes de l'église étaient assiégées par la foule plusieurs heures avant le sermon. Sa parole tout évangélique ne visait qu'au bien des âmes. Dès qu'on l'avait entendu, les inimitiés les plus irréconciliables étaient oubliées, les biens mal acquis restitués, les commerces illicites rompus, beaucoup d'hérétiques renonçaient à l'erreur et embrassaient la vraie foi. Il n'était pas rare de voir se convertir subitement de grands pécheurs que la curiosité peut-être ou le bruit de sa réputation avaient seuls attirés au pied de sa chaire : la puissance avec laquelle il tonnait contre le vice ou dénonçait les vengeances de Dieu les avait terrassés, et ils ne voulaient pas sortir de l'église avant d'avoir confessé leurs crimes et reçu le pardon.
Le P. Conrad portait le même zèle dans les autres ministères apostoliques. Il n'était jamais si accablé de travail, qu'il ne cher-
chât encore d'autres moyens de se dépenser à la gloire de Dieu. Plein de mépris pour lui-même, indifférent à la faveur et aux applaudissements des hommes, il ne se mêlait au monde que lorsqu'il y était obligé par le zèle et la charité. Aussi, dit son biographe, « chacun le vénérait comme un homme tout céleste, mû par la seule volonté de Dieu ».
Litterss anii. Provinc. Austr. ann, 1758 (Archiv. Rom.). — Stôgeh, Scriptor..., p. 47. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 1373.
DE
ASSISTANCE DE GERMANIE
PREMIÈRE SÉRIE