‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 227 sur 327 · III MAI · texte numérisé non relu

III MAI

Le troisième jour de mai de l'an 1571, le P. Adalbert Bauzeck, né en Bohême, mourut à Vienne, en odeur de sainteté. II étudiait la rhétorique dans notre collège de Prague et se faisait déjà remarquer par sa piété, lorsqu'un jour, pendant l'exposition des Quarante-Heures, il vit l'Enfant Jésus dans la sainte hostie. II dit surle-champ comme saint Paul : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?» — « Que tu demeures et vives là où tu es », répondit Notre-Seigneur ; c'est-à-dire, comme le comprit à l'instant même le jeune Adalbert, dans la Compagnie de Jésus, à laquelle appartenait l'église où il priait.

Le clergé d'Autriche, instruit et formé en grande partie par le P. Bauzeck, lui dut l'introduction solennelle de la profession de foi de Pie IV. Quand on apprit dans Vienne la triste nouvelle de sa mort prochaine, beaucoup de fervents catholiques offrirent à Dieu leur vie en sacrifice, pour conserver à l'Eglise ce religieux qui n'avait pas encore atteint l'âge de trente-cinq ans, et dont le P. Laurent Maggio écrivait à saint François de Borgia : « C'était un vase de bénédiction, plein de tous les trésors de la science et de la vertu ».

Jo. Tanner, S. J., Vestigium Bohemiee Piœ.., Pragœ, 1659, p. 133. — Sacchinus, Histor. Societ. Jesu, part. 3 , Ub. 5, n. 86, p. 224 ; lib. 7, n. 58, 59, p. 341. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohetn., t. 1, lib. 2, n. 35, p. 105 ; lib. 3, n. 213, p. 307. — Crugerius, i>'«c/-i Pitlveres., 3'' /«rtiV, /?. 24. — Patrignani, Menol., 3 magg., p. 10. — Nadasi, Annus dier. memor., 3» mrt«, p. 242. — Drews, Fasti..., 3^ mcaV, /?. 169. — Stôger, Scriptor, Provinc. Aiistr., p. 23. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 1062.

* Le troisième jour de mai de l'an 16S0, mourut à Gratz, pendant sa première année de philosophie, le F. Jean Scholtzen, de Vienne, modèle de modestie simple et aimable, de piété et de délicatesse de conscience. Il ne se souvenait pas avoir, pendant tout son noviciat, commis une seule faute, si légère qu'elle fût, de propos délibéré. Au seul nom, au seul souvenir de Marie, il sentait son cœur s'enflammer et avait peine à maîtriser ses transports. Sa dévotion pour les adorables mystères de l'autel et de la croix éclatait dans ses yeux, dans l'expression de son visage et souvent se traduisait par ses larmes. La mort du F. Scholtzen répandit dans tout le collège un très suave parfum d'édification et, ce qui est le signe le moins douteux de sa sainteté, elle embrasa tous ceux qui en avaient été témoins, dit le P. Nadasi, d'un désir plus ardent de la perfection. Le F. Scholtzen était Agé de dix-huit ans et en avait passé près de trois dans la Compagnie.

Litterœ ann. Societ. Jesu, atino 1650, p. 102. — Nadasi, Ann. dier, memor., 3» maii, p. 244.

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