II MAI
Le second jour de mai de l'an 1632, mourut en Bavière dans la résidence de Bibourg le F. Mathias Widmann, Scholastique, horriblement massacré par les Suédois victorieux. Pendant qu'il faisait ses études de théologie à Ingolstadt, il avait perdu peu à peu la santé, et son intelligence elle-même avait fini par s'altérer profondément. Au lieu d'avoir pitié de lui , les hérétiques se firent un jeu barbare de son triste état. Par haine de la Compagnie, ils lui découpèrent sur la chair vive deux bandes sanglantes larges de trois doigts, allant des épaules aux talons ; puis après l'avoir déchiré à coups de fouets et assouvi d'opprobres, ils le jetèrent expirant au milieu des flammes ; mais l'incendie respecta le corps du martyr, et après le départ- des ennemis, les habitants de Bibourg l'ensevelirent pieusement. Le F. Widmann était âgé de quarantetrois ans et en avait passé vingt dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunctor. Provinc. German. Superior. anno 1632 [Archiv. Rom.). — Hlstor. German. Super, t. 5, n. 100, p. 49.
Le deuxième jour de mai de l'an 1727, mourut à Diiren le P. Paul Aler, la gloire du collège des Trois Couronnes à Cologne,
dont il dirigea les études, les congrégations et les représentations religieuses pendant trente ans. « Nous avons vu bien des fois, dit le P. Hartzheim, les plus nobles personnages verser de pures et généreuses larmes, pendant que l'on jouait devant eux ses pièces de théâtre, et sortir de la salle du spectacle embrasés de l'amour des choses de Dieu ». Ses travaux pour l'enseignement de la poésie latine ont été adoptés et réimprimés au moins jusqu'au commencement de ce siècle, même par les professeurs protestants d'Allemagne, de Hollande et d'Angleterre. On peut, avec l'auteur de la Bihliothbcjue de Cologne^ résumer en ces quelques mots toute la longue et laborieuse vie du P. Paul Aler : « Soli divinse glorix, manu et calamo propagandx., et jiwentuti christianx omnibus litteris et gratiis ditandsR unice inteiitus ; il avait mis toute son étude à ^propager la gloire de Dieu par ses écrits, à enrichir la jeunesse chrétienne de tous les biens du savoir et de la vertu ». Le P. Aler mourut dans la soixante-et-onzième année de son âge et la cinquante-et-unième depuis son entrée dans la Compagnie.
HA.RTZHEIM, Biblioth, Coloniens., p. 263. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 160. — Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire litte'r., t. i% p. 132. — Feller, Dictionn. histor., t. 1, /?. 106.