‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 235 sur 327 · VII MAI · texte numérisé non relu

VII MAI

Le septième jour de mai de l'an 1708, mourut à Wsetin sur les frontières de la Moravie et de la Hongrie, le P. Stanislas Rapal, massacré par les hérétiques le jour du martyre de son glorieux patron saint Stanislas, évêque de Cracovie. Plus de vingt ans d'avance, lorsqu'il enseignait encore la rhétorique à Breslau, il avait appris par révélation que Notre-Seigneur lui ferait la grâce de verser son sang pour la foi ; et il s'efforçait de s'en rendre digne par son zèle à instruire et à sanctifier la jeunesse qui lui était confiée. Il avait dans tout le pays la réputation d'un des plus habiles professeurs que l'on eut vus depuis longtemps ; il parlait avec une égale facilité le latin, le grec, l'hébreu, le tchèque et l'allemand. 11 disait plus tard que chacune de ces cinq langues lui avait grandement servi à gagner des âmes à Dieu. Parmi ses élèves, il eut la joie d'en voir trois cent vingt-trois embrasser la vie religieuse, et plus de cinquante d'entre eux devinrent ses frères dans la Compagnie.

Cependant le P. Rapal soupirait après un plus rude apostolat. 11 avait à maintes reprises sollicité la mission des Indes où il espérait cueillir la palme qui lui avait été promise. Mais l'obéissance lui assigna un autre champ. Vingt années entières il évangélisa les populations hérétiques de la Moravie et de la Bohême, jusqu'aux frontières de la Hongrie. Il allait de l'une à l'autre, joignant aux

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