‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 236 sur 327 · VII MAI. — P. STANISLAS RAPAL · texte numérisé non relu

VII MAI. — P. STANISLAS RAPAL

mille privations de ces courses incessantes les plus rigoureuses austérités ; le plus souvent il n'avait d'autre nourriture qu'un peu de lait et de pain, comme les bergers des montagnes, et d'autre lit que la terre nue. Aussi tout ce peuple et les prêtres eux-mêmes lui donnaient-ils d'une commune voix le nom de père.

Quand les rebelles hérétiques des contrées voisines envahirent le pays, mettant tout à feu et à sang, le P. Rapal les attendit de pied ferme au milieu d'une foule de femmes et d'enfants sans défense qui s'étaient réfugiés avec lui dans la petite forteresse de Wsetin. Il les préparait à paraître devant Dieu, et entendait leurs confessions, lorsque les séditieux pénétrèrent dans la place. Gomme il marchait à leur rencontre en les priant d'épargner cette multitude désarmée : « Qui es-tu, lui demandèrent-ils. — • Prêtre catholique, travaillant au salut des âmes », répondit l'homme de Dieu. A l'instant même, ces misérables s'acharnèrent sur lui, à coups de pistolets, de sabres, de lances et de baïonnettes, et ne lui firent pas moins de vingt-trois blessures mortelles. Le martyr demeura douze jours baigné dans son sang, exposé à toutes les injures de l'air, sans la plus légère trace de corruption. Le peuple, le clergé et les religieux de Hradisch vinrent alors en procession chercher ces saintes reliques, et les portèrent triomphalement dans l'église de la Compagnie, au son de toutes les cloches des campagnes et au milieu du concours de tous les pays environnants. Le P. Rapal était âgé de soixante-huit ans, et en avait passé quarantehuit dans la Compagnie.

Patrignani, MenoL, 7 maggio, p. 45. — Sommervogel, Biblioth., t. 6, p. 1442. — Pelzel, Boemische... Gelehrte S. J., p. 90.

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