XI MAI
Le onzième jour de mai de l'an 1669, mourut au séminaire de Briinn le P. Ferdinand Syrakowski, d'une des premières familles de la Moravie. Il avait eu le bonheur, avant d'embrasser la vie religieuse, d'être formé aux premiers exercices de la sainteté par le P. Lancicius. Pour ne s'écarter jamais des leçons qu'il avait apprises à l'école d'un tel maître, il avait perpétuellement sous les jeux une image qui représentait un cœur consumé des flammes de l'amour divin, avec ces trois mots d'un des opuscules de Lancicius : « Faciain^ Fugiani^ Feram. Je ferai tout ce que je croirai pouvoir plaire à Dieu ; je fuirai tout ce qui me semblera capable de déplaire à Dieu ; je souffrirai tout ce qui m'arrivera d'afflictions du corps et de l'âme pour l'amour de Dieu ».
Une de ses premières résolutions, dès qu'il se vit au milieu des novices, fut celle-ci : « Avec la grâce de Dieu, je m'engage irrévocablement à tendre à toute la perfection de mon état ». Blessé grièvement à la jambe droite pendant le siège de Prague par les Suédois, il conserva jusqu'à la mort une plaie qui ne lui laissa pas un jour de repos et qui, jointe aux douleurs de la goutte et de la pierre, le jetait parfois daus une sorte d'agonie. Il ne cherchait alors son soulagement que dans les plaies de Jésus en croix ;