XI MAI. P. FERDINAND SYRAKOWSKI
et durant vingt-cinq années de ce cruel supplice, il ne demanda pas une fois à Notre-Seigneur d'adoucir ses maux. « Ce n'est pas aimer, disait-il, que de vouloir vivre . sans souffrir ». Il répétait continuellement la prière du grand apôtre des Indes : « Ampliusy Domine, amplius. Encore plus, Seigneur, encore plus » ! Il désira seulement et il l'obtint, après une nuit de prière, que l'odeur nauséabonde de sa blessure disparût pour ne pas incommoder trop péniblement ceux qui le soignaient.
Plus d'une fois, pendant ces longues épreuves, ses parents et ses amis essayèrent de l'arracher à un état de vie où il devait être condamné. à l'impuissance et à l'oubli, et firent briller à ses yeux l'éclat des dignités ecclésiastiques. Le P. Syrakowski répondit qu'il avait fait choix de cette vie pauvre et obscure pour l'amour de Dieu et qu'il voulait y mourir pour le même amour de Dieu. Il s'en fallait bien au reste qu'il demeurât dans l'inaction ; son zèle lui donnait des forces. Prédicateur à l'Université de Prague, confesseur au collège de Brûnn, il recueillit de grands fruits de salut et de perfection. Sous sa direction, le séminaire de Brûnn devint une école des plus belles vertus; il en fit, selon son expression, le séminaire de Marie. Il ne se passait presque pas de samedi que la Mère de Dieu ne ménageât quelque aumône à ses dévoués clients ; et pour lui, ajoutait-il, jamais il ne lui avait rien demandé le samedi sans l'avoir obtenu. Le P. Syrakowski mourut un samedi dans la quarante-huitième année de son âge et la trente-deuxième depuis son entrée dans la Compagnie.
Patrignanî, Menol., 11 niaggio, p. 73. — Suminar. vitie clefunct. Prol'inc. Bohem. [Archiv. Rom.).
* Le onzième jour de mai de l'an 1677, mourut dans la résidence de Patak en Hongrie le P. Etienne Millei, hongrois, vlr aureus^ comme l'appelle l'auteur de sa notice, modèle accompli des missionnaires de la Compagnie. Pendant trente-six ans, il parcourut presque sans relâche la Hongrie et la Transylvanie, recueillant, par son zèle, la puissance de sa parole et le charme de ses entretiens familiers, des fruits étonnants de conversion. Il arracha plus de trois mille hérétiques à l'erreur, et parmi eux on comptait des seigneurs de la plus haute noblesse.
A la cour des princes Racoczi, de Transylvanie, le P. Millei ne rendit pas de moins signalés services à la cause de l'Eglise. Le prince François Racoczi, élevé par lui dans la foi romaine et formé à une vie véritablement chrétienne, fut à son tour l'instrument de la conversion de plusieurs milliers d'hérétiques. Aussi, catholiques et protestants disaient-ils d'une commune voix que le P. Millei était la colonne de la vérité dans ces régions. Sa mort fut un deuil pour les étrangers comme pour les Nôtres. La princesse Racoczi veuve du prince François, le pleura comme son père et fit célébrer cent messes à son intention. Le P. Millei était âgé de soixante-six ans et en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie,
Summar. vitse defunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom,).