‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 244 sur 327 · XII MAI · texte numérisé non relu

XII MAI

Le douzième jour de mai de l'an 1607, mourut à Mayence en odeur de sainteté le P. Conrad Onnekinck, de Westphalie, relig-ieux si pur, que nous pouvons bien dire, écrit l'auteur des Lettres annuelles de la Compagnie en parlant de sa mort : « Nous avons envoyé un ange au ciel ». Tout petit enfant, il s'était acquis ce nom d'ange ; il inspirait dès lors un tel respect à ses condisciples et aux hommes faits eux-mêmes, qu'à son approche toute conversation tant soit peu libre était interrompue. Pour conserver plus sûrement ce lis parmi les épines, il domptait son corps par le continuel usage des instruments de pénitence. Lorsqu'il fut entré au noviciat, l'obéissance, bien loin d'avoir à le stimuler, dut lui imposer, comme à son modèle saint Louis de Gonzague, de modérer la rigueur de ses flagellations et de ses cilices. L'humilité et la charité ne lui étaient pas moins chères que le crucifiement de son corps. A Mayence et à Spire, il obtint de catéchiser chaque jour les mendiants à la porte du collège, et il leur distribuait ensuite les restes de ses repas.

Jeune prêtre et prédicateur, le P. Conrad Onnekinck, pour mieux attirer sur son ministère les bénédictions de l'Esprit divin, composait ses sermons en priant, et les écrivait à genoux en présence A. G. I. — I. — 53.

de son crucifix. Aussi disait-on communément que pas un hérétique, pas un pécheur n'étaient capables de lui résister. Comme on l'invitait quelquefois à ne pas se fatiguer outre mesure : « Pourquoi donc, répondait-il, suis-je venu dans la Compagnie ? et comment voulez-vous que je recule devant une fatigue, dont le salut d'une âme sera le prix, je l'espère ? » Sa dévotion à la sainte Vierge, comme celle de toutes les âmes pures, était tendre et filiale. On lui demandait un jour la raison de tant de pratiques et d'hommages : « Ah ! reprit-il, c'est que celui-là ne court aucun risque pour sa vocation et son salut, qui s'est mis sans réserve au service et sous le patronage de Marie ». Le P. Onnekinck mourut à l'âge de trente-cinq ans ; il en avait passé treize dans la Compagnie.

JuvENCius, Histor. Societ. Jesu, part. 5» , lib. 24, n. 7.5, p. 847. — Lilter. aiin. Societ. Jesu, anrio 1607, p. 690 seqq. — Nadasi, Annus dier. memor., i1^ inaii, p. 262. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 12 maii, p. 181. — Patrignani, Menol., 4 sett., p. 16.

Le douzième jour de mai de l'an 1613, mourut à Kremsier en Moravie le P. Pierre Eder, autrichien, professeur vingt ans de suite d'une classe de grammaire au collège d'Olmutz, et conservant toujours l'autorité d'un père et d'un saint sur les nombreuses générations qu'il avait formées aux premiers éléments des lettres et à la piété. Il en profita pour rétablir en cette ville une confrérie de sainte Anne, autrefois florissante, mais alors presque entièrement déchue à la suite des guerres soulevées par l'hérésie. On y vit bientôt les membres des plus illustres familles de l'empire s'a-

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