XIV JANVIER
.Le quatorzième jour de janvier de l'an 1638, expira saintement à Olmutz le P. Jean Frédéric Breiner, doyen de la cathédrale d'OImutz, administrateur du diocèse après la mort de l'évêque et destiné luimême à l'épiscopat, mais devenu peu de temps avant sa mort novice et scolastique de la Compagnie de Jésus. II s'accusait humblement de n'avoir pas écouté la voix de Dieu, qui l'avait appelé sous l'étendard de saint Ignace, lorsqu'il étudiait au Collège Germanique ; pour réparer sa faute autant qu'il était en lui, il n'aspirait qu'à se dépouiller de ses dignités et à vivre jusqu'à sa mort sous le joug de l'obéissance.
Frédéric Breiner était renommé dans tout l'empire pour ses vertus et, en particulier, pour son zèle aussi bien que pour sa sagesse dans les conseils du souverain. Il avait ramené à la foi romaine, avec le secours de nos Pères, presque toute la Moravie. Il était l'àme de toutes les fondations catholiques. Pour encourager une pieuse congrégation de paysans, fondée sous l'invocation de Notre-Dame et de saint Isidore le laboureur, il avait voulu en être nommé le premier préfet. Chaque année, il célébrait, avec un redoublement de dévotion et de joie, l'Assomption de la sainte Vierge, comme l'anniversaire du jour où il avait été pris, enchaîné et traité indignement par des