‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 26 sur 327 · XIV JANVIER. P. MARTIN CSELES · texte numérisé non relu

XIV JANVIER. P. MARTIN CSELES

hérétiques révoltés. Il chérissait si tendrement la Compagnie, et aimait tant à se trouver au milieu des Pères du collège, surtout pour célébrer les fêtes de nos saints, que les habitants d'Olmutz avaient coutume de dire: « Le doyen Breiner ne peut vivre sans Jésuites ». Son vœu le plus ardent, de mourir au moins sous les livrées des fils d'Ignace, fut enfin exaucé. Il eut même la consolation de prononcer ses vœux avant de recevoir le saint viatique. Son seul regret, à ses derniers moments, était de n'avoir pu remplir les plus humbles fonctions du noviciat; on l'entendit répéter doucement plus d'une fois, en s'entretenant avec Notre-Seigneur. « 0 mon Dieu! si j'avais eu ces deux années, comme je vous aurais servi ! » Le P. Breiner était âgé de cinquante-quatre ans.

Crlgerils, Sacri Pulveres Boheinia\ 14 janiiar., p. 62. — Schmidl, Historia Provinc. Dohem., part. 4» , l. 1, p. 44, 228; lib. 2, p. 440. — Cardin. Ar^DR. Steinhuber, S. J., Geschichte des Collegiuni Germanicuin Hungaricum, t. l, p. 43L

Le quatorzième jour de janvier 1709, mourut saintement à Patak en Hongrie le P. Martin Cseles, confesseur de la foi. Ce digne fils de saint Ignace jouissait parmi ses compatriotes d'une haute réputation. 11 la devait à ses rares connaissances théologiques, à ses travaux sur les saints et les églises de son pays, aussi bien qu'à son éloquence et à son style, qui l'avaient fait surnommer le Cicéron hongrois. Mais il s'estima bien plus heureux encore d'avoir porté les chaînes dont les hérétiques le chargèrent pour le nom de Jésus-Christ. Il eut la consolation d'arracher à l'erreur soixante de

ses compagnons calvinistes ou luthériens et de les ramener au bercail de la véritable Eglise. Il venait d'être rendu à la liberté, lorsqu'il mourut épuisé par ses souffrances, à l'âge de soixante-huit ans, dont il avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Ka.zy, Historia Uiiwersitatis Tyrnaviensis, p. 177. — Stôger, Scrîptor. Provint'. Austr., p. 50. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 1716.

Le quatorzième jour de janvier de l'an 1685, mourut à Cologne le P. Régnier Lennep, moins de deux mois après avoir pris le gouvernement de la Province. Dans les différentes charges qu'il occupa, il se montra toujours un religieux accompli. Pénétré d'une haute estime pour notre Institut, il en observait les règles et les faisait observer avec une diligence qui aurait pu paraître excessive, s'il ne l'avait tempérée par une admirable discrétion et la plus délicate charité. A l'exemple de notre Bienheureux Père, il avait pour la pauvreté et la propreté une affection très tendre. Autant il les aimait, autant il avait horreur de tout ce qui sentait l'incurie et une honteuse parcimonie. Nommé Recteur à Coblentz, il trouva le collège de cette ville, dit son biographe, squalore pêne rusticano obsitum ; quand il sortit de charge peu d'années après, il le laissa fere ad delicias excultum.

Le P, Lennep, en vrai fils de saint Ignace ne considérait que le bien des Ames et la gloire de Dieu. Ses discours avec les Nôtres et avec les étrangers étaient à la fois sérieux et aimables ; il avait l'art d'y jeter toujours quelque trait qui pénétrait le cœur, et l'a-

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