XV MAI. — P. GEORGES SIGISMONDI
ques et d'un collège de la Compagnie, une grande partie de la jeunesse à l'influence des hérétiques ; et ses succès irritèrent le luthéranisme, au point de faire même attenter à sa vie. Dieu récompensa les travaux de son serviteur en lui faisant connaître longtemps à l'avance l'époque de sa sainte mort. Deux ou trois heures seulement avant d'expirer, il sortit tranquillement de sa chambre pour aller demander à son supérieur les derniers sacrements et s'endormit en paix dans le Seigneur presque aussitôt après les avoir reçus.
Summar. iàtœ defunct. Provinc. German. Super., anno 1623 (Arc/iw. Rom.). — CoRDAR-v, Histor. Societ. part. 6* lib. 8, n. 25, p. 421. — So- TUELLUs, Biblioth., p. 307. — Nadasi, Annus dier. memor.., 15 maii, p. 267. — Drews, Fasd Soc, 15 maii, p. 185. — Socherus, Histor. Provinc. Austr., l. 3, n. 43, p. 96. — Agricola, Histor. Provinc. German. Super., t. i, n. 163, p. 97 et passim. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 134 et 135.
Le quinzième jour de mai de l'an 4633, fête de la Pentecôte, mourut à Znaim le P. Georges Sigismondi, de Leitomischl en Bohême. Au témoignage de son biographe, « c'était une âme vivant uniquement de l'Esprit divin, et répandant autour d'elle l'amour de la perfection ». Dieu lui avait accordé le don bien rare de faire désirer et rechercher par ses inférieurs la réprimande et la correction de leurs défauts ; tant il leur rappelait par sa tendresse le Cœur du divin Maître pour ses disciples, et tant il se montrait prêt à les aider par ses prières et sa pénitence. L'Histoire de la Province de Bohême nous a conservé en entier le testament spirituel de ce grand serviteur de Dieu, afin de nous donner au moins A. G. I. — ï. I. — 56.
quelque idée de sa vie intérieure et de son amour pour Notre- Seigneur. A la nouvelle de sa mort, le P. Martin Stredonius, le thaumaturge de la Bohême, se sentit pressé, pendant le saint Sacrifice, d'un désir ardent de connaître si l'âme du P. Sigismondi jouissait déjà de la vue de Dieu. Or, il entendit aussitôt le défunt lui adresser distinctement ces paroles : a Dextera Doniini exaltavit me; la main de Dieu m'a exalté » (Ps. H7, 16). Le P. Sigismondi était mort à l'âge de quarante-quatre ans et en avait passé vingtcinq dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 4, lib. 1, «. 5, p. 5. — Wencesl. ScHWERTFER, Vïta P. Martin. Stredonii, c. 26, p. 166.
Le quinzième jour de mai de l'an 1671, à Vildschutz en Bohême mourut le P. Jean Marstadt, au milieu même de ses missions. Il ne semblait vivre que pour prier, souffrir et gagner des âmes à Dieu. En échangeant les insignes du monde contre le vêtement de la Compagnie, il avait éprouvé d'une manière sensible qu'il se dépouillait de toute affection créée pour se revêtir de Jésus, et de Jésus crucifié. Les jeûnes, les disciplines, les cilices devinrent aussitôt et restèrent jusqu'à sa mort ses pratiques de chaque jour. Il était si intimement uni à Dieu que rien ne paraissait capable de l'en distraire. Ceux qui sans le connaître personnellement l'avaient vu, ne fût-ce qu'une fois, célébrer le saint Sacrifice, le désignaient sous le nom du « saint Père dont le visage est tout de feu à l'autel » . Plusieurs miracles confirmèrent la haute opinion que l'on avait de sa vertu. Le prêtre séculier qui entendit sa confession gé-