‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 251 sur 327 · XV MAI. — P. PHILIPPE BOUREL · texte numérisé non relu

XV MAI. — P. PHILIPPE BOUREL

nérale au lit de la mort ne put retenir cette exclamation : » Oh ! quel saint ! Ce n'était pas un homme, mais un ange revêtu de notre chair, un séraphin brûlant d'amour », Le P. Marstadt expira à l'âge de cinquante-et-un ans; il en avait passé trente dans la Compagnie.

Summar. vitse defunctor. Provinc. Boliem. {Archiv. Rom.). — Patrigna.- Ni, Menolog., 15 magg.^ p. 101.

* Le quinzième jour de mai de l'an 1709, mourut au Brésil, dans la mission indienne de Pernambouc, le P. Philippe Bourel, de Cologne. En arrivant à Bahia, il fut d'abord choisi pour servir de compagnon au Maître des novices et enseigner les belles-lettres aux juvénistes de la Province. Mais ses désirs l'emportaient vers les pauvres sauvages encore plongés dans les ténèbres de l'infidélité ; il brûlait de leur faire connaître le nom de Jésus-Christ. Après une première tentative infructueuse, il réussit à fixer une tribu errante et à la former en réduction. Bientôt les vertus commencèrent à y fleurir et promettaient les plus heureux fruits, quand les incursions à main armée de peuplades encore païennes, et surtout celles des bouviers portugais, gens sans foi ni loi occupés à la garde des troupeaux, vinrent jeter le trouble et la désolation dans cette chrétienté naissante, la ruinèrent presque de fond en comble et pénétrèrent le cœur de l'apôtre d'une douleur qui mina peu à peu sa vie et finit par le conduire au tombeau.

Ceux qui ont connu de près le P. Bourel parlent avec admiration de sa sainteté. Chaque nuit, il consacrait plusieurs heures

à l'oraison ; il se flagellait tous les jours deux ou trois fois jusqu'au sang ; ses jeûnes étaient rigoureux et continuels ; il était d'une conscience si délicate et si pure que celui qui fut son confesseur pendant plusieurs années hésitait, comme il le déclara luimême, à lui donner l'absolution, tant ses plus grandes fautes paraissaient légères.

Le P. Bourel semble avoir été averti surnaturellement du jour de sa bienheureuse mort ; car quelques portugais étant venus le voir et lui ayant offert un peu de vin pour réparer ses forces, il refusa d'y tremper ses lèvres : « C'est inutile, leur dit-il avec bonté, je mourrai demain ». En effet, il expira le lendemain à l'heure qu'il avait annoncée. Le même jour, quatre jeunes enfants baptisés et élevés par lui avec une tendre sollicitude, s'endormirent ensemble dans le Seigneur, bien que l'instant d'auparavant, ils fussent pleins de santé et de vie, comme si l'homme de Dieu avait obtenu de les soustraire aux dangers de ce inonde et de les associer à sa félicité. Le P. Bourel était câgé de près de cinquante ans, il en avait passé trente-trois dans la Compagnie.

Compendiosa Vita P. Philippi Boufel. — Elogium P. Philippi Bourel [Archiv. Rom).

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