‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 258 sur 327 · XX MAI. — P. HENRI SELM · texte numérisé non relu

XX MAI. — P. HENRI SELM

SoMMERvoGEL, BibUolli., t. 7, f. 1134. — PossEviN, Apporatus sacei\ apud SoMMERYOGEL, /. c. — Patrignani, Menol., 20 niagg.^ p. 138. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 20^ maii, p. 193. — Feller, Dictionnaire historique, t. 5, p. 474. — RuLAND, Séries professoriim... Wirceburg.^ p. 13.

Le vingtième jour de mai moururent en odeur de sainteté deux insignes religieux de la Province du Bas-Rhin, le P. He^ri Selm en 1620 au collège de Neuss, et le P. Gisbert Schevichavius à Mayence en 1622.

Le P. Henri Selm ne semblait vivre que pour aimer et faire aimer Dieu, parler de lui à toutes les âmes ou s'entretenir avec lui. Dès qu'il avait quelque loisir, il se mettait en prière ; il lui arriva plus d'une fois, en visitant les églises, de demeurer des heures entières au pied de l'autel; il fallait que son compagnon l'arrachât comme de force à ses doux entretiens avec Dieu. Le P. Selm mourut à l'âge de trente-huit ans ; il en avait passé quatorze dans la Compagnie.

Le P. Gisbert Schevichavius nous a laissé le souvenir de ses savantes et pieuses leçons dans de remarquables ouvrages sur les devoirs de la vie sacerdotale, et sur la reconnaissance, l'amour et la louange de la Très Sainte Trinité. Voici ce qu'écrivait à l'auteur sur ce dernier livre le cardinal Bellarmin : « Je m'imaginais d'abord que ce traité ressemblait à tant d'autres où la doctrine scolastique se présente avec seg épines ordinaires et son aridité. Mais à peine l'eus-je ouvert, que je le trouvai plus doux que le miel, plus précieux que l'or et les pierreries. Et maintenant je le regarde comme un des livres les plus capables d'échauffer, d'élever

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et de nourrir l'âme ; je l'ai sans cesse devant les ^^eux ; et quand j'en aurai achevé la lecture, je la recommencerai et la recommancerai encore, si Dieu, que je remercie de vous avoir inspiré un si beau travail, daigne m'accorder encore assez de vie ». Le P. Schevichavius mourut à l'âge de soixante-quatre ans, dont il avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

P. Henri Sélm. — Reiffenberg, Histor. S. J. ad Rhen. Infer. lib. 15,

n. 80, p. 539. — Sotuellus, Bibliolh., p. 331. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1111.

P. GisBERT Schevichavius. — Reiffenberg, Histor. S. J. ad Rhen. Inferior.., ad calcem, Mantissa diplomatum^ p. 110. — Rellarmin., Cf. Reiffenberg, /. c. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 11Ç>. — Sotuellus, Biblioth., /J. 301.

* Le vingtième jour de mai de l'an 1673, au collège de Bade, mourut à l'âge de quarante-cinq ans, dont il avait passé vingt-six dans la Compagnie le F. Georges Gelweiler, Coadjuteur temporel. Il se signala par son ardente dévotion au Saint Sacrement. 11 avait obtenu de recevoir tous les jeudis le corps de Notre-Seigneur, quand il n'y avait pas de communion de règle pour les Frères dans la semaine. La méditation fréquente des abaissements du Sauveur dans ce divin mystère lui avait inspiré une humilité profonde. 11 en donna, dans une circonstance difficile, une preuve éclatante.

Un calice avait disparu de la sacristie. Le F. Gelweiler, on ne dit point sur quels soupçons, fut accusé de l'avoir dérobé et vendu. Dieu permit que la calomnie trouvât créance, ou du moins que les supérieurs, peut-être pour éprouver la vertu du saint religieux,

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parussent y ajouter foi. Le F. Gelweiler fut donc condamné à faire une pénitence publique au réfectoire. II ne dit pas un mot pour se justifier et, pendant plusieurs Semaines, port-a devant toute la communauté le stigmate de cette accusation infamante. La vérité se fît jour enfin d'elle-même. On sut que le calice avait été prêté au dehors. Les jugements injurieux tombèrent aussitôt et firent place à l'estime et à la vénération.

Sumniar. vitae defunctor. Provinc. Rheni Superior. (Archic. Rom.).

* Le vingtième jour de mai de l'an 1684, mourut à Ebersberg en Bavière le P. Louis Faber, du diocèse d'Augsbourg, zélateur insigne de toutes les vertus solides, disent les annales de sa Province, mais surtout de la charité et de l'union à Dieu. En dehors de Dieu et des intérêts de la gloire divine, il ne voyait rien en ce monde ; Dieu était l'objet habituel et, pour ainsi dire, unique de ses pensées. Quand il priait, il était si recueilli qu'on aurait pu le croire en extase. II célébrait le saint Sacrifice avec tant de modestie et une expression de foi si vive, que les fidèles en étaient eux-mêmes saisis et pénétrés de dévotion. Pour l'offrir plus dignement, il se purifiait tous les jours des moindres fautes dans le sacrement de pénitence et souvent assistait à une ou deux messes avant de monter à l'autel.

De cette union à Dieu naissaient comme naturellement les autres

vertus, l'humilité, l'obéissance, le zèle des âmes et une dévotion très tendre à la Reine des anges, en l'honneur de laquelle il jeûnait tous les samedis. Le P. Faber mourut la veille de la Pentecôte, à l'âge de soixante-trois ans ; il en avait passé quarantetrois dans la Compagnie.

Littérse annuss Provinc. German. Superior., anno 1684 (Archw. Rom.}.

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