XXIV MAI
* Le vingt-quatrième jour de mai de l'an 1697, mourut à Gratz le P. Henri Juncker né à Vienne. Il fut tour à tour professeur de philosophie, de théologie morale et de droit canon, Recteur des collèges de Gratz et de Vienne, et pendant vingt ans directeur d'une congrégation de la sainte Vierge. Sa pureté était celle d'un ange ; il l'avait mise sous la garde de la modestie, de la prière et de la mortification, et il eut le bonheur de la porter sans tache au tombeau. II ne demandait et ne cherchait que Dieu et les âmes pour l'amour de Dieu. « Dans l'éducation de la jeunesse, à laquelle je me consacrerai de grand cœur, je proteste, disait-il, qu'en dehors du bien fait aux âmes, je ne veux aucune consolation». « 0 Dieu, écrivait-il encore, j'irai à la chasse des âmes qui vous sont si chères; pour elles, j'endurerai tout; fœtores hauriam, pascar caluniniis, lassabor crucihus, alar vigiliis ».
Le siège de Vienne par les Turcs lui fournit l'occasion de donner libre essor à son zèle et à sa charité. Il était jour et nuit dans les hôpitaux où les malades et les blessés gisaient entassés par centaines ; quand l'armée musulmane eut été contrainte de lever le siège et de prendre la fuite, il s'empressa d'aller à la recherche des malheureux qui avaient passé ces tristes jours ensevelis dans