‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 262 sur 327 · XXIII MAI · texte numérisé non relu

XXIII MAI

Le vingt-troisième jour de mai de l'an 1633, le P. Jérémie Fischer, Recteur du collège de Glogau, fut massacré par les luthériens dans une forêt près du village de Kursdorff, sur les frontières de la Pologne et de la Silésie. Agé seulement de trente-trois ans il était déjà parvenu à une haute perfection et avait mérité la grâce de connaître miraculeusement le genre et même le lieu de sa glorieuse mort. Souvent, lorsqu'il était encore Scolastique, il s'entretenait avec un de ses frères des désirs ardents que lui inspirait Notre-Seigneur de travailler et de souffrir; et ils s'animaient ensemble à une tendre et généreuse dévotion envers la sainte Vierge. Ce jeune homme, étant mort peu de temps après, apparut tout brillant de gloire au P, Fischer : « Oh ! qu'on est bien auprès de la très sainte Mère de Dieu ! lui dit-il ; vous y serez un jour avec moi, mon cher Frère, mais vous y parviendrez par une plus rude voie ». Le P. Fischer avait passé dix-huit ans dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 4, l. 1, n. 109, p. 164 seqq. — Tanner, Societ. Jesu militarisa, p. 147. — Alegambe, Mortes illustres, p. 443. — Nadasi, Ann. dier. memor., 23* maii^ p. 282. — Drews, Fas-

ti Societ. Jesu, 23 maii, p. 196. — Patrignani, Menol., 23 maggio, p. 163* — Balbinus, Bohemia Sancta, n. 130, p. 213. — Mich. Bonbardi, Urf déni Grœcenses Academici suo sanguine purpurati, p. 96.

* Le vingt-troisième jour de mai de l'an 1679, mourut au collège d'Erfurt, dans la Province du Haut-Rhin, le P. Nicolas Lutz, après avoir été professeur de philosophie et de théologie, Recteur de plusieurs collèges, Maître des novices et trois fois Provincial. L'invasion des armées suédoises l'avait obligé de chercher un refuge dans la Province de Lyon. C'est là qu'il fît ses études. Les belles qualités qu'il devait montrer plus tard dans l'enseignement des hautes sciences et le gouvernement de ses frères apparaissaient déjà et lui conciliaient les sympathies et l'estime de tous ses compagnons. On raconte même que le cardinal de Richelieu, ayant eu occasion de le voir, fut ravi : Germanus ille, disait-il ensuite, ma-' gnos habet spiritus, etsi pari>us sit corpore. Les Pères Barthélémy Jacquinot et Théophile Raynaud ne rendirent pas de lui un témoignage moins flatteur.

Dans la lettre que le P. Georges Porth écrivait de Mayence au P. Charles de Noyelle, Assistant d'Allemagne, pour lui annoncer la mort du P. Nicolas Lutz, il louait l'admirable prudence du défunt dans le gouvernement de ses inférieurs, sa charité à l'égard de ceux qui étaient tentés contre leur vocation, sa vigilance et sa fermeté à combattre la négligence dans les exercices spirituels, son exactitude à répondre aux lettres sine dilatione, enfin sa mortification et son esprit de prière. Le P, Lutz expira très saintement sur la pauvre natte qui lui servait de lit, et qu'il n'avait pas voulu

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