‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 277 sur 327 · II JUIN · texte numérisé non relu

II JUIN

Le deuxième jour de juin de l'an 1710, mourut à Mittau en Courlande, avec la réputation d'un saint, le P. Simon Marcel Widman, né en Autriche. Au premier rang de ses modèles et de ses protecteurs il avait mis, dès sa jeunesse, le Vénérable P. Marcel Mastrilli, dont il se glorifiait de porter le nom et dont il popularisa parmi ses compatriotes l'image et la vie ; il obtint même que la résidence de Mittau lui fût dédiée. Dans l'espoir de le suivre à la mort, il sollicita vivement la mission des Indes ; mais l'obéissance lui assigna la Gourlande, et c'est là qu'il se dépensa tout entier, durant trente-trois années de suite, sans demander jamais de repos.

Le martyre de la charité devait remplacer pour le P. Widman le martyre du sang ; et quand, à l'ûge de soixante-huit ans, il vit la peste envahir et désoler la Gourlande, on l'entendit s'écrier : « Nous avons enfin trouvé les Indes; les voilà qui viennent à nous ». Les pauvres habitants des campagnes regardaient la bénédiction et les prières du P. Widman comme une ressource assurée dans tous leurs besoins. Une des dernières recommandations de l'homme de Dieu fut celle de l'instruction des enfants, « que j'ai tant aimés, disait-il, et dont j'ai toujours été si heureux de prendre soin ». Le P. Widman avait passé cinquante-et-un ans dans la Compagnie.

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