‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 30 sur 327 · XVII JANVIER · texte numérisé non relu

XVII JANVIER

Le dix-septième jour de janvier de l'an 1763, mourut à Cologne le P. Joseph Hartzheim, que son biographe appelle vivum scientiaruni prope omnium domicilium ; il est l'éditeur des Concilia GermanicC, et l'une des gloires de l'Allemagne catholique, dans les dernières années de l'ancienne Compagnie. « Travaillons pour Dieu et pour l'Église ! Lahoremus pro Deo et Ecclesia », fut la devise de toute sa vie. Les supérieurs de la Province du Rhin, jaloux de favoriser les espérances que leur donnaient ses talents, sa vertu et son assiduité à l'étude, lui firent visiter, après sa théologie, les grandes bibliothèques et les représentants les plus célèbres de la science catholique dans les différents pays de l'Europe ; puis ils le rappelèrent et le fixèrent à Cologne, où, jusqu'à sa mort, il fut le docteur, l'apôtre, et l'àme de cette florissante université. La rénovation des études, surtout des sciences sacrées, y fut regardée comme son ouvrage ; tous les trésors de son inépuisable érudition étaient également ouverts aux professeurs et aux élèves. Il assigna lui-même, pendant près de trente ans, les sujets des thèses et des dissertations publiques, constamment dirigées contre les efforts de l'impiété. C'est .grâce à lui que les catholiques populations des provinces rhénanes durent en grande partie de

garder intact le dépôt de leur foi. En môme temps, le P. Hartzheim introduisait à Cologne les Exercices publics de saint Ignace, pour préparer chaque année les prêtres et les personnages les plus distingués de cette ville à la fête de la Pentecôte ; pendant seize ans de suite, il les leur prêcha lui-même en latin au milieu d'un nombreux concours que la plénitude de sa doctrine attirait autour de lui. Beaucoup d'hérétiques, d'apostats, et même de religieux qui s'étaient enfuis de leurs cloîtres, lui furent redevables après Dieu de leur retour à l'Église ou à la sainteté de leur vocation.

Ce grand homme, également vénéré par les étrangers et par ses compatriotes, puisait son ardeur au travail dans une perpétuelle communication avec Dieu par la prière. On accourait pour le voir à l'autel, aussi bien que pour l'entendre en chaire, tout pénétré du divin ministère dont il était revêtu. Toutes les fois qu'il n'en était pas absolument empêché, il récitait son bréviaire à genoux devant le saint tabernacle. Parmi les saints qu'il honorait d'un culte particulier, il distinguait surtout saint Hilaire, cet illustre docteur des églises d'occident, à cause de ses luttes contre tous les ennemis de Jésus-Christ. Or, ce fut le jour même où l'Eglise célèbre la fête de ce vaillant défenseur de la foi que le P. Hartzheim sentit les premières atteintes du mal qui l'emporta. 11 vit approcher la mort avec une admirable paix, et dit aussitôt, en s'appliquant à lui-même les paroles de deux saints prophètes légèrement modifiées : « Il y a longtemps que j'ai mis ordre aux affaires de ma maison, et je n'attends plus que ma transformation bienheureuse : Disposui pridem doinui niex ; et expecto donec veniat iminutatio mea ». Is. 38. 1. — Job, 14. 14.

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