‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 31 sur 327 · XVII JANVIER. F. HENRI BROCKMAN · texte numérisé non relu

XVII JANVIER. F. HENRI BROCKMAN

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rheni Infer. (Archiv. Rom.). — Som- MERvoGEL, BïbUoth., t. 4, p. 126 , — CoiicUia Germaniiv, t. 5, notice en tête du vol. par le P. Herma>n Scholl. — Feller, Dictionn. histor., t. ;5, p. 473. — Biographie unii'ers. t. 19, p. 469.

*Le dix-septième jour de janvier de l'an 1760, mourut à Osnabriick, en réputation de sainteté, le F. Henri Brockman, portier de ce collège pendant vingt ans. Sa plus grande consolation était de converser avec Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie ; dès qu'il avait quelques moments de loisir , c'est au pied du tabernacle qu'il allait se prosterner. Sa dévotion à la très sainte Vierge n'était pas moins ardente ; il lui arriva de réciter en son honneur jusqu'à quarante chapelets en un jour.

A ces pratiques approuvées et sanctifiées par l'obéissance, le F. Brockman joignait un grand esprit d'abnégation et de mortification et une tendre charité pour les pauvres. Il aimait et assistait ces malheureux comme les membres vivants de Notre-Seigneur, et se privait souvent en leur faveur d'une partie de son repas. De douloureuses infirmités et une cécité complète affligèrent ses dernières années. Au lieu de se plaindre, le bon Frère se réjouissait de cette participation aux souffrances du Sauveur, et se répandait en actions de grâce pour le bienfait de sa vocation ; car c'est à elle qu'il devait, disait-il, dans l'impuissance où il était réduit, de ne pas être condamné à mendier misérablement son pain. Il mourut saintement dans la quatre-vingt-sixième année de son âge et la cinquante-troisième depuis son entrée au noviciat.

Summar. vitœ defunct. Provinc. Rheni Infer. (Archiv. Rom. j.

* Le dix-septième jour de janvier de l'an 1766, à Ebersberg, mourut le P. Antoine Schallenberger, de Thann en Alsace, tour à tour professeur ou préfet du haut enseignement à Ingolstadt, Maître des novices et compagnon du Père Provincial. C'était un homme d'un savoir universel, disent nos annales. Le môme jour, il pouvait disserter de philosophie, de théologie, de droit, de mathématiques et d'histoire, comme s'il avait consumé toute sa vie dans l'étude de chacune de ces sciences. Il était en même temps grand prédicateur, et par dessus tout, religieux d'une vertu éminente. Dès le premier jour de son noviciat, il avait adopté la devise des saints : Vince teipsum. Il recherchait ou saisissait avec empressement toutes les occasions de se renoncer et de s'humilier. 11 demeurait court au milieu d'une dispute, comme s'il avait été réduit au silence par son adversaire; s'il croyait avoir offensé quelqu'un, il lui en demandait aussitôt pardon. Les flagellations, les jeûnes, toutes les pénitences lui étaient familières. Bien qu'il fût d'une santé délicate, et qu'aucune partie de son corps ne parût sans douleur, il ne voulait point d'exception à la vie commune, et se chargeait de travail à l'égal des plus robustes.

Il visitait le Saint Sacrement sept fois par jour, et semblait ne pouvoir s'en éloigner, tant il prolongeait ses entretiens avec le Sauveur. Il ne pouvait arrêter les yeux avec quelque attention sur un crucifix sans verser des larmes. Non moins tendre était sa dévotion à la très sainte Vierge : il assurait n'avoir jamais rien demandé à dette bonne Mère sans l'obtenir; il lui dut en particulier

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