‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 303 sur 327 · XX JUIN · texte numérisé non relu

XX JUIN

* Le vingtième jour de juin de l'an 4648, mourut à Leoben, à l'âge de dix-neuf ans, dont il avait passé près de quatre dans la Compagnie, l'angélique F. Jean Wetter, Scolastiquo, de la Province d'Autriche. Les belles qualités dont il était orné promettaient un excellent ouvrier à la Compagnie. Mais presque aussitôt après son noviciat, il fut attaqué d'un mal impitoyable qui consuma lentement ses forces et fut bientôt sans remède. Le F. Wetter languit dixhuit mois entiers, toujours calme et pleinement résigné entre les mains de Dieu. Il avait demandé à Notre-Seigneur de le retirer de ce monde, s'il devait un jour être un membre inutile à la Compagnie ou, malheur encore plus grand, perdre sa vocation. Quand il fut sur le point de rendre le dernier soupir, un des Pères qui l'assistaient, voulant augmenter ses mérites, lui demanda s'il n'était pas disposé à mourir mille fois plutôt (|ue d'offenser Dieu. Le F. Wetter alors recueillant ce qui lui restait de forces: «Oui, oui», répondit-il vivement. On était aux premières vêpres de la fête du bienheureux Louis de Gonzague ; comme on recommandait à haute voix le moribond à son céleste protecteur : « Le voilà, le voilà », dit-il tout à coup ; et presque aussitôt après, il expira.

Summar. i>ùœ defunct. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).

* Le vingtième jour do juin de l'an 1668, mourut à Ag-ra, capitale du Grand-Mogol, le P. Henri Roth, d'Aug-sbourg en Bavière. Il avait de bonne heure donné des marques de l'intrépidité avec laquelle il devait un jour affronter les périls au milieu des nations infidèles. Quand les Suédois s'emparèrent d'Augsbourg, un soldat voulut le forcer, le sabre au poing, à lui révéler l'endroit où ses parents avaient caché leur argent. Henri Roth n'était encore qu'un enfant. Pour toute réponse, il présenta sa tète à ce brutal. Plus tard, déjà religieux de la Compagnie et prêtre, il fut frappé de plusieurs coups d'épée et laissé pour mort par un misérable, auquel il avait enlevé l'objet de sa passion. Sa première parole, en reprenant ses sens, fut de demander la grâce de son meurtrier. En récompense de cet acte héroïque de charité, le P. Roth obtint du Père Général Mutins Vitelleschi la faveur qu'il s'était engagé par vœu à solliciter, d'aller annoncer l'Evangile aux peuples de l'Inde.

L'île de Salsette, sanctifiée et fécondée plus d'un demi-siècle auparavant par le martyre du B. Rodolphe Aquaviva et de ses compagnons, fut son premier champ d'apostolat. Il y travailla cinq années avec de grands fruits. On sait l'horrible coutume qui condamnait les veuves indiennes à se jeter toutes vives dans le bûcher où se consumait le corps de leurs maris défunts ; le P. Roth arracha un grand nombre de ces malheureuses à la mort en leur persuadant de se faire chrétiennes. De Salsette, le missionnaire suivit l'ambassadeur du roi de Portugal à la cour d'un petit roi de rinde, puis se rendit à celle du Grand-Mogol, où, par son zèle, sa mortification, l'exemple de ses vertus et même par ses connais-

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