‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 304 sur 327 · XX JUIN. — P. ADAM ABOEÏT. S · texte numérisé non relu

XX JUIN. — P. ADAM ABOEÏT. S

sances en médecine, il eut la consolation de convertir un grand nombre de pa^-ens et d'apostats qui avaient renié la foi dans les persécutions précédentes. Il accompagna ensuite à Rome le P. Jean Grueber, missionnaire de Chine, appelé en Italie par le Père Général, et qui avait entrepris par la voie de terre cette immense route qu'aucun Européen n'avait encore suivie. Après avoir réuni quelques nouveaux ^compagnons, le P. Rotli se hâta de reprendre le chemin de sa chère mission. Mais il mourut peu de temps après son arrivée, et alla recevoir la récompense de son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des Ames, à l'âge de quarante-huit ans, dont il avait passé vingt-neuf daus la Compagnie.

Patrignam, Menolog., 18 magg., p. 131. — Stôcklein, Der neiie Welt- Bott, 1^'''= part., n. 35, p. 113. — Sommeuvogel, Biblioth., t. 1, p. 210.

N. B. — C'est au catalogue général des défunts de la Compagnie et au P. Stôcklein que nous avons emprunté et le lieu de naissance, et la date de mort à Agra du P. Roth ; le P. Patrignani dit que cette date n'est pas connue ; l'année 1650 qu'il propose est manifestement erronée.

*Le vingtième jour de juin de l'an 1690, mourut très saintement dans la maison professe de Vienne le P. Adam Aboett, d'une illustre et ancienne famille, salué comme le père de sa Province, le modèle des supérieurs, l'ornement et la gloire de la Compagnie. La vie du P. Aboett ne dément pas ces éloges. Il était né dans l'hérésie ; mais en suivant les classes de notre collège de Vienne, il reconnut et embrassa la vérité, et bientôt après, à l'âge de seize

ans, sollicita l'honneur de s'enrôler sous le drapeau de saint Ignace. II ne tarda pas à s'y distinguer par ses grandes qualités autant que par ses vertus; jusqu'à l'Age de soixante-dix- sept-ans, il ne cessa de remplir les charges les plus importantes ; il fut successivement Maître des novices, Instructeur des Pères de troisième probation, Préposé de la maison professe de Vienne, et deux fois Provincial. Plus de huit cents religieux furent formés à son école dans les deux noviciats de Leoben et de Vienne ; tous le vénéraient comme un saint et l'aimaient comme un père

De grandes calamités, guerres, maladies contagieuses, assaillirent l'Autriche pendant les longues années de son gouvernement ; il y dépIo3'a une telle sagesse et un tel dévouement, soutenus d'une si vive confiance en Dieu, que la Province sortit de ces épreuves fortifiée et agrandie. Il obtint, à force de démarches, que la Compagnie fût reconnue publiquement en Hongrie ; il fonda de nouveaux collèges et de nouvelles résidences dans ce royaume, envoya des missionnaires au secours des provinces plus exposées aux ravages de l'hérésie, établit des stations à Belgrade, Erlau, Eszek, et releva celles que le malheur des temps avait forcé d'abandonner.

Dans toutes ses actions, le P. Aboett n'avait en vue et ne cherchait que le bon plaisir divin. Sans négliger les industries suggérées par la prudence humaine, c'est aux moyens surnaturels qu'il demandait son principal appui. Sa fidélité aux exercices de piété était inviolable ; si absorbantes que fussent ses occupations, il ne souffrait pas d'en retrancher un moment. Non moins admirable étaient son humilité, son amour de la pauvreté et son obéissance. Sur la croix où Notre-Seigneur acheva pendant plus d'une année d'épurer la vertu de son serviteur, le P. Aboett n'eut, pour ainsi

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