XXII JUIN
* Le ving't-cleuxième jour de juin de l'an 1680, mourut à Prague, victime de son dévouement au service des pestiférés, le P. Christian Oïïo, de Schlackenwerth en Bohême. Dès ses premières années, il avait donné un bel exemple de la fermeté de sa foi. Ses parents l'avaient confié pour son éducation littéraire à un maître hérétique. Aussitôt que l'écolier s'aperçut que sa croyance était en péril, il prit la fuite et obtint de suivre les classes de notre collège de Kommotau. L'appel de Dieu à la vie parfaite ne tarda pas à retentir au fond de son àme ; Christian Otto essaya d'abord de ne pas entendre ; mais la voix divine devenant chaque jour plus forte et plus pressante, il ne chercha plus à résister. Tel fut même le changement qui s'opéra en lui qu'il était prêt, disait-il, à poursuivre sa vocation per igiieni et aguam.
Toute la vie du jeune homme, devenu fîls de saint Ignace, peut se résumer, écrit l'auteur de son éloge, dans ce mot que saint Ambroise a dit à la louange de Théodose : « dilexit, il a aimé ». Tout d'abord il a aimé Dieu ; on a su de lui-même qu'il ne l'avait jamais offensé volontairement ; chaque fois qu'il se trouvait aux prises avec quelque tentation, ou dans l'occasion de manquer à sa règle, il s'animait à la résistance par cette parole : « Malo niori