‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 308 sur 327 · XXII JUIN. P. CHRISTIAN OTTO · texte numérisé non relu

XXII JUIN. P. CHRISTIAN OTTO

j'aime mieux mourir ». Cet amour de Dieu lui rendait douces et aimables les souffrances et les humiliations ; il supportait en silence les unes et les autres, en union avec Notre-Seigneur se taisant au tribunal de Caïphe. Une seule fois il sortit de cette réserve pour dire à un de ses confidents: « Oit! si scires quee in mortali hoc corpore patiar tormenta ; Oh ! si Votre Révérence savait quels tourments j'endure dans ce misérable corps » ! Retiré du ministère de la prédication sur les instances d'un puissant seigneur, et pendant quelque temps ballotté d'une maison à l'autre, veliit pila, il savoura l'humiliation à longs traits, sans dire un mot pour se plaindre ou s'excuser. Il avait dompté avec une telle énergie la fougue de sa nature, que plus d'une fois, dit un de ses supérieurs, il devint malade de la violence qu'il s'était faite.

A cet amour de Dieu, le P. Christian Otto joignait l'amour du prochain ; il l'étendait à tous les hommes sans exception, aux pauvres, aux malades, aux pécheurs, à ses ennemis eux-mêmes. Rien ne lui semblait trop pénible ou indigne de lui. Dans la communauté, on le vit, malgré ses occupations, se faire copiste pour rendre service à ses frères. Enfin l'amour qui, au témoignage de Notre- Seigneur, est le plus grand de tous, couronna cette belle vie, tout entière consacrée à la charité. La peste s'étant déclarée à Prague, le P. Christian Otto s'empressa de voler au secours des malades et des moribonds. Après douze jours de fatigues, il fut lui-même atteint par le fléau et, bénissant Dieu, il mourut à l'âge de quarante-et-un ans, dont il avait passé vingt-trois dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Bohem. {Archiv. Rom.). — D. Am- BROsius, De obilu Theodosii oratio, Patrol. latina, t. 16, p. 1391, n. 17, édit. MiGNE,

* Le vingt-deuxième jour de juin de l'an 1737, mourut au collège d'Oppeln, dans la Province de Bohême, le F. Jacques Stephani, Goadjuteur temporel, d'Oslawan en Moravie. C'était, disent les Lettres annuelles du collège, un religieux plein de mépris pour lui-même et d'une très sévère abstinence. II n'était pas rare en effet qu'il passât des journées entières sans prendre aucune nourriture ; il se levait chaque matin une heure avant la communauté pour s'entretenir avec Notre-Seigneur au pied du tabernacle. Il avait étudié dans sa jeunesse et savait le latin. Mais pour éviter tout ce qui aurait pu lui attirer quelque considération, il ne disait presque jamais un mot en cette langue. Après sa mort, on trouva sur sa poitrine une croix armée de pointes aiguës, dont la maladie ellemême n'avait pu lui persuader de se dépouiller. Il était âgé de cinquante ans, et en avait passé dix-huit dans la Compagnie.

Litter. ann. colleg. S. J. OppoUi ad ann. 1737 {Archiv. Rom.).

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