‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 314 sur 327 · XXVI JUIN. P. — GEORGES VOGLER · texte numérisé non relu

XXVI JUIN. P. — GEORGES VOGLER

Ces succès jetèrent l'effroi parmi les prédicants. Ils ne rougirent pas de faire appel à l'émeute et même au poignard contre le vaillant champion de la foi. Le P. Vogler étant tombé tout à coup gravement malade, ses rivaux s'imaginèrent avoir trouvé une magnifique occasion de vengeance. Quand ils le crurent à l'extrémité, ils répandirent le bruit que les démons s'étaient emparés de lui ; ils ajoutaient qu'il avait fallu l'attacher avec quatre chaînes de fer dans une obscure cellule du collège, et qu'enfin, pour châtiment de ses blasphèmes contre le pur Evangile, les esprits infernaux avaient obtenu de Dieu la permission de l'emporter avec eux tout vivant. Ces fables, ridicules autant qu'odieuses, propagées dans toute l'Alsace par les presses de Strasbourg, remplirent de joie et d'orgueil les partisans de Luther. Mais quand ils virent soudainement leur terrible ennemi remonter en chaire dès que ses forces le lui permirent, à peine pouvaient-ils en croire leurs yeux ; par arrêt solennel des inagistrats, l'auteur de cette calomnie fut condamné à faire en public amende honorable au P, Vogler.

Dans le récit des triomphes apostoliques de ce grand homme, l'Histoire de la Compagnie insiste particulièrement sur son amour pour les œuvres les plus humbles, ses catéchismes aux pauvres et aux enfants, son assiduité auprès des malades, des prisonniers et des condamnés à mort ; et sur les ouvrages qu'il publia peu de temps avant sa mort, son Catéchisme en chants et en exemples, et son beau livre sur Marie et Joseph, sources de consolation pour tous les affligés.

CoRDARA, Histor. Soc. Jesu, part. 6* , lib. 10, n. 74, p. 581. — So- TUELLus, Biblioth., p. 297. — Sommervogel, Biblioth., t. 8, p. 886. — Nadasi, Ann. dier. memor., 26a jun., p. 332. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 26" jun., p. 242.

b46 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE DE GERMANIE. I.

* Le vingt-sixième jour de juin de l'an 1726, mourut à Olmutz, dans sa première année de régence, le F. Daniel Pachta, d'une noble famille de Prague ; il n'avait pas encore dix-huit ans et en avait passé près de trois dans la Compagnie. A peine se vit-il en danger qu'il conjura les supérieurs de l'avertir quand le moment serait venu de faire son dernier sacrifice. Et en effet, remarque l'historien du collège, pourquoi aurait-il craint de mourir ? Toutes les vertus qu'il avait pratiquées pendant sa vie religieuse lui promettaient un accueil plein de bienveillance auprès du souverain Juge. Sa piété, la promptitude de son obéissance, son angélique modestie, sa fidélité dans l'observation de toutes les règles, sa dévotion filiale à la très sainte Vierge et surtout son ardent amour de Dieu le faisaient comparer aux bienheureux patrons de la jeunesse.

Quand le F. Pachta fut près d'expirer, il demanda qu'on l'aidât à réciter la prière de saint François Xavier : O Domine, ego amo Te, parce qu'il désirait mourir, disait-il, ex puro Dei amore. Il prit ensuite dans ses mains son crucifix, son chapelet et son livre des règles, symbole de ce qu'il aimait uniquement au monde, et remit son âme innocente entre les mains de Dieu.

Litlerae ann. colleg. Olomucii ad ann. Vll^ (Archiv. Rom.).

* Le vingt-sixième jour de juin de l'an 1730, mourut à Judenburg, dans la Province d'Autriche, le P. Jacques Pettinati, né dans le

Page 1