‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 315 sur 327 · XXVI JUIN. P. JACQUES PETTINATI · texte numérisé non relu

XXVI JUIN. P. JACQUES PETTINATI

comté de Goritz. Professeur de philosophie, de théologie morale et de droit canon, ministre. Recteur des collèges de Fiume, Warasdïn et Agram, Instructeur des Pères de troisième probation, il pratiqua partout les vertus et eut la réputation d'un saint. On disait de lui qu'il priait sans cesse et ne prenait son repos que debout ou à genoux. Avec quelle énergie et quelle insistance n'inculquait-il pas la nécessité de la prière ! « C'est le propre d'un compagnon de Jésus, disait-il souvent, prseclara facere, dura pati » ; mais, ajoutait-il, on ne réalise pas ce programme, « à moins de recourir perpétuellement à l'oraison qui donne et l'élan pour agir et la force pour souffrir ». 11 ramenait tout à la prière par excellence, le saint Sacrifice de l'autel: « Car, disait-il encore, le prêtre de la Compagnie qui a bien célébré la messe est un lion terrible à l'enfer et au péché ; il est revêtu d'une force invincible contre toutes les épreuves ».

De cet ardent amour de Dieu naissait la plus tendre charité pour ses frères. La sollicitude dont il les entourait était vraiment maternelle ; il mettait à les pourvoir de tout ce que demandent nos usages et les bienséances religieuses, une sorte de libéralité. Les âmes souffrantes du purgatoire n'avaient pas une moindre part à ses largesses. Il s'était dépouillé en leur faveur de tous ses mérites satisfactoires, ne se réservant pour lui-même, aimait-il à répéter, que la miséricorde de Dieu et le sang du Sauveur.

Le P. Pettinati n'était sans égard et sans ménagement que pour lui-même. Un horrible cilice armé de pointes acérées l'enveloppait tout entier ; il ajoutait à cette torture de tous les moments de cruelles flagellations, des veilles prolongées, des jeûnes fréquents ; on a su plus tard qu'il ne laissait passer aucun jour sans infliger

à sa chair quelque tourment notable. Cet amour de la croix faisait jaillir de son cœur des aspirations embrasées : « 0 mon amour crucifié ! Assez de consolations, encore plus de douleurs ! Souffrir et non mourir » ! L'assurance de son éternelle prédestination à la gloire fut la récompense de cette admirable générosité. Le P. Pettinati eut la consolation d'entendre ces paroles de la bouche du Sauveur crucifié: « Jacobe^ te non deseram. Jacques, je ne t'abandonnerai point». Avant de mourir, il voulut par respect recevoir à genoux le saint viatique, en se faisant soutenir par deux Pères ; et peu après il expira saintement dans la cinquante-sixième année de son âge et la trente-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Lilterse ann. Provinc. Austr., ann. 1730 {Archiv. Rom.]. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 262. — Sommervogel, Biblioth., t. 6, /). 637

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