XXIX MAI. — P. JEAN CHRYSANTH. 55S
Rome, exauçant les ardents désirs de Fribourg- et de la Compagnie de Jésus, place le Vénérable Canisius sur les autels, Fribourg et la Compagnie le devront surtout au P. François Xavier de Fégely». Ce grand serviteur de Dieu expira le jour de saint Pierre, au moment presque où il venait d'achever le saint Sacrifice, et après avoir fait la veille, comme par un secret pressentiment, la confession générale de toute sa vie. Il était âgé de cinquante-huit ans et en avait passé trente-huit dans la Compagnie.
Extrait des Lettres annuelles du collège de Fribourg (Notes du P. de GuiLHERMY, Archiv. dom.). — Sommervogel, Biblioth,, t. 3, p. 585.
* Le vingt-neuvième jour de juin de l'an 1750, mourut à Paderborn le P. Jean Chrysanth, né dans l'ancien comté de Berg, apôtre de la Saxe Inférieure pendant près de trente ans. Il avait toutes les vertus d'un missionnaire, mais surtout le zèle, qui multipliait ses forces et lui suggérait mille industries pour secourir et sauver les âmes. II avait pris pour modèle et protecteur saint François Régis magnum illud Gallise et Societatis sidus, disent les annales du collège de Paderborn. A son exemple, c'est aux pauvres, aux humbles, aux petits qu'il portait de préférence la bonne nouvelle ; comme lui, il allait à la recherche des brebis égarées, par les sentiers les plus abrupts, à travers les neiges et les glaces, et un jour aussi comme lui, il se rompit la jambe dans une de ces courses apostoliques.
Sa charité, sa mansuétude lui avaient gagné tous les cœurs ; on
ne lui donnait d'autre nom que celui de père. C'était une consolation très enviée de l'avoir à son chevet dans la maladie, et un gage de salut d'être assisté par lui à la mort. Les pasteurs des paroisses partageaient la vénération et le pieux attachement de leurs ouailles pour l'homme de Dieu. A la vingt-cinquième anné e de son apostolat, ce fut dans la contrée comme une explosion de joie pour célébrer cette fête jubilaire. Le P. Ghrysanth travailla sans repos jusqu'à ce que la paral3^sie et d'autres infirmités vinssent l'obliger à renoncer à des fatigues désormais trop au-dessus de ses forces. Il se retira donc au collège de Paderborn ; mais là, même dans cet accablement de la nature, il ne put consentir à demeurer inactif; il passait une grande partie du jour au confessionnal, ne voulant d'autre repos que celui du ciel. Il mourut à l'âge de soixante-sept ans, dont il avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
Litterse ann. collegii Paderborn., ann. 1750 [Archw. Rom.).
Le vingt-neuvième jour de juin de l'an 1809, mourut au collège de Polotsk le P. Anselme Eckart, né à Bingen, une des plus illustres victimes de la cruauté de Pombal. Le désir d'annoncer aux infildèles le nom de Jésus-Christ l'avait entraîné vers les missions du Maragnon, et il n'avait pas tardé à se signaler entre les apôtres de ces vastes contrées par son zèle et son intrépidité . Mais ses vertus et ses qualités elles-mêmes le rendirent suspect aux ennemis de la Compagnie ; et deux années seulement après