XXI JANVIER. P. ANDRÉ SCHWALB
firent confier à l'univei-sité d'Ingolstadt la charge de Père spirituel des Nôtres.
Entre toutes les vertus, il semble avoir aimé la pauvreté d'un amour de prédilection. Quand il fut sur son lit de mort, un des Pères du collège le priant de lui laisser en souvenir quelque maxime de perfection : « Ayez à cœur la sainte pauvreté, lui réponditil ; elle est la mère et la nourrice de toutes les vertus ». Cette pauvreté n'avait rien de rebutant ; elle était relevée par la propreté la plus exquise. Au reste, le P. Schwalb se montrait en toute chose un religieux accompli. Ceux qui vécurent longtemps dans son intimité ont affirmé que jamais ils ne l'avaient vu manquer à aucune règle, ni rien faire qu'on pût taxer de faute même légère.
Dès son enfance, il s'était distingué par une tendre dévotion à la très sainte Vierge ; il lui avait consacré sa personne et ses biens, et portait perpétuellement à son cou dans un reliquaire cet acte de donation irrévocable écrit de sa main. Une heure avant d'expirer, voyant le Père Recteur du collège auprès de lui, il voulut par reconnaissance lui faire connaître une faveur qu'il avait autrefois reçue de cette bonne Mère. « Quand j'étais écolier, lui dit-il, mon intelligence était si lente et si obtuse que les premiers éléments de la grammaire étaient pour moi des énigmes ; plus je m'appliquais, moins je comprenais ; j'étais le jouet et la risée de tous mes condisciples. Plein de tristesse et de honte, j'allai me jeter un jour au pied d'une image miraculeuse de Notre-Dame qu'on vénère à Munich, et priai Marie de venir à mon aide. Au même moment, je fus comme ébloui par un rayon de lumière ; je me sentis exaucé. En effet, notre professeur ayant donné quelque temps après une
composition latine sur l'application des règles, je fus le premier de tous. Depuis, mon intelligence est toujours demeurée ouverte, et je n'ai eu aucune difficulté à l'étude ».
Le P. Schwalb mourut un samedi, comme il l'avait annoncé, dans la soixante-quatorzième année de son âge et la cinquantième depuis son entrée dans la Compagnie.
Patrignani, Menol., 21 genn., p. 212.
Le vingt-et-unième jour de janvier de l'an 1714, mourut le Frère Scolastique Joseph Sartor, pendant qu'il suivait les cours de théologie à Dillingen. L'éloge des Saints Livres peut à bon droit lui être attribué : en peu d'années, il amassa les mérites d'une longue vie. A la base de l'édifice de sa perfection religieuse, il avait placé le renoncement à lui-même et aux satisfactions de la nature ; il ne voulait vivre que pour ses frères et pour Dieu. Dans la communauté, on l'appelait « le serviteur et le refuge de tout le monde», tellement il était prompt à répondre, dès qu'on faisait appel à sa charité. Toute parole attaquant la réputation du prochain le blessait à la prunelle de l'œil. Si quelques-uns s'oubliaient devant lui, il s'efforçait de détourner adroitement le discours, ou bien il se taisait ou même s'éloignait, aimant mieux, disait-il, déplaire aux hommes par son incivilité, que d'offenser Dieu et le prochain en prêtant l'oreille à la médisance.
Sa piété était aussi forte que tendre. Souvent il faisait sa méditation les bras en croix, pour s'unir plus intimement à Jésus cru-